il en prit les cordons avec ses deux pattes de devant, et s'en alla dans une garenne où il y avait grand nombre de lapins. Il mit du son et des lasserons dans son sac, et s'étendant comme s'il eût été mort, il attendit que quelque jeune lapin peu instruit encore des ruses de ce monde, vint se fourrer dans son sac pour manger ce qu'il y avait mis. À peine fut-il couché, qu'il eut satisfaction; un jeune étourdi de lapin entra dans son sac, et le maître chat tirant aussitôt les cordons le prit et le tua sans miséricorde. Tout fier de sa proie, il s'en alla chez le roi et demanda à lui parler. On le fit monter àl'appartement de sa majesté où, étant entréil fit une grande révérence au roi, et lui dit:dimanche 30 novembre 2008
Le chat botté
il en prit les cordons avec ses deux pattes de devant, et s'en alla dans une garenne où il y avait grand nombre de lapins. Il mit du son et des lasserons dans son sac, et s'étendant comme s'il eût été mort, il attendit que quelque jeune lapin peu instruit encore des ruses de ce monde, vint se fourrer dans son sac pour manger ce qu'il y avait mis. À peine fut-il couché, qu'il eut satisfaction; un jeune étourdi de lapin entra dans son sac, et le maître chat tirant aussitôt les cordons le prit et le tua sans miséricorde. Tout fier de sa proie, il s'en alla chez le roi et demanda à lui parler. On le fit monter àl'appartement de sa majesté où, étant entréil fit une grande révérence au roi, et lui dit:mardi 25 novembre 2008
Le fantôme de l'opéra
Résumé: Christine Daaé est une jeune chanteuse inexpérimentée qui est engagée à l’Opéra Garnier grâce à une recommandation du comte de Chagny. La Carlotta, la Diva et épouse du nouveau directeur, refuse de lui faire intégrer les chœurs et la relègue à la lingerie. Christine apprend que le bâtiment est « hanté » par un obscur personnage que l’on surnomme « le fantôme » et qui donne depuis des années toutes les directives pour gérer l’opéra, et assassine froidement quiconque ose s’opposer à sa volonté, ou quiconque voulant découvrir son identité. La nouvelle direction n’entend cependant pas les choses de cette oreille, et décide d’y mettre rapidement bon ordre. Mais le fantôme, insaisissable, reste une énigme et tous sont obligés de se plier… Le fantôme entre-temps, a découvert la jeune Christine et lui propose de devenir son professeur de chant. Pleine d’innocence et de pureté, la jeune femme, fascinée, accepte. L’énigmatique personnage ne tarde pas à tomber éperdument amoureux de Christine, qui lui voue, quant à elle, une admiration sans bornes. Du jour au lendemain, et grâce aux bons conseils de son « maestro » , Christine est choisie comme remplaçante de la Carlotta pour interpréter Margueritte dans Faust de Gounod. Pour Christine, c’est enfin l’occasion d’une reconnaissance, mais c’est sans compter la jalousie et les machinations de la Carlotta…
Ce film a le mérite d'avoir été tourné sur les lieux de l'intrigue!
Je l'ai vu à la télévision qu'une seule fois et malheureusement, sur la cassette VHS sur laquelle on l'avait enregistré à l'époque, il manque le début et la fin!!!
J'ai adoré cette version franco-américaine. Toutes les autres cassent le mythe et notamment le film sorti récemment. Vivement que ce téléfilm soit rediffusé...
dimanche 23 novembre 2008
La légende du Dream Catcher
Il y a bien longtemps le monde était à ses débuts et le vieux chef spirituel des Lakotas était sur une haute montagne où il eut une vision.Dans cette vision, Iktomi lui apparut sous la forme d'une araignée. Il parlait dans une langue sacrée que seuls les chefs spirituels pouvaient comprendre. En parlant, Iktomi prit la baguette de l'ancêtre, puis du crin de cheval, des perle
s et des offrandes et commença à tisser une toile d'araignée. Il parla à l'ancêtre des Lakotas des cycles de la vie et comment nous commençons nos vies comme enfants eu bas-âge, puis comme enfants qui vont devenir adultes et finalement nous devenons vieux et on doit s'occuper de nous comme des enfants et le cycle est fermé. Mais, dit Iktomi en continuant à filer sa toile, dans chaque époque de la vie il y a des forces, certaines bonnes et d'autres mauvaises. Si vous écoutez les forces du bien elles vous dirigeront dans la bonne direction, mais si vous écoutez celles du mal, elles vous blesseront et vous dirigeront dans la mauvaise direction.Il continua "Il existe beaucoup de forces et de directions différentes qui peuvent aider ou contrarier l'harmonie de la nature ainsi que les enseignements du grand esprit." Tout en parlant, l'araignée continuait à tisser sa toile en partant de l'extérieur vers l'intérieur. Lorsqu'il eut fini, Iktomi, donna à l'ancêtre des Lakotas la toile d'araignée et lui dit : "Regarde cette toile, c'est un cercle parfait mais il y a un trou au centre. Si tu utilises cette toile pour aider ton peuple et faire bon usage des rêves et des visions, alors la toile attrapera vos bonnes idées et les mauvaises s'échapperont par le trou." L'ancêtre donna sa vision à son peuple et maintenant les Sioux utilisent le capteur de rêves comme toile de leur vie. Il est suspendu chez eux au dessus de leur lit pour soutenir leurs rêves et leurs visions et leur permettre d'accomplir leur destinée.
mercredi 19 novembre 2008
Les couples mythiques du cinéma
Les musiciens de Brême
Un meunier possédait un âne qui, durant de longues années, avait inlassablement porté des sacs au moulin, mais dont les forces commençaient à décliner. Il devenait de plus en plus inapte au travail. Son maître songea à s'en débarrasser. L'âne se rendit compte qu'un vent défavorable commençait à souffler pour lui et il s'enfuit. Il prit la route de Brême. Il pensait qu'il pourrait y devenir musicien au service de la municipalité. Sur son chemin, il rencontra un chien de chasse qui s'était couché là. Il gémissait comme quelqu'un qui a tant couru, que la mort le guette.- Alors, Taïaut, pourquoi jappes-tu comme ça ? demanda l'âne.
Le chien accepta avec joie et ils repartirent de compagnie. Bientôt, ils virent un chat sur la route, qui était triste... comme trois jours de pluie.
Le chat accepta et les accompagna.
Le coq accepta ce conseil et tous quatre se remirent en chemin.
Les quatre compagnons délibérèrent pour savoir comment ils s'y prendraient pour chasser les voleurs. Finalement, ils découvrirent le moyen : l'âne appuyerait ses pattes de devant sur le bord de la fenêtre, le chien sauterait sur son dos et le chat par-dessus. Le coq se percherait sur la tête du chat. Quand ils se furent ainsi installés, à un signal donné, ils commencèrent leur musique. L'âne brayait, le chien aboyait, le chat miaulait et le coq chantait. Sur quoi, ils bondirent par la fenêtre en faisant trembler les vitres. À ce concert inhabituel, les voleurs avaient sursauté. Ils crurent qu'un fantôme entrait dans la pièce et, pris de panique, ils s'enfuirent dans la forêt. Nos quatre compagnons se mirent à table, se servirent de ce qui restait et mangèrent comme s'ils allaient connaître un mois de famine. Quand les quatre musiciens eurent terminé, ils éteignirent la lumière et chacun se choisit un endroit à sa convenance et du meilleur confort pour dormir. L'âne se coucha sur le fumier, le chien derrière la porte, le chat près du poêle et le coq se percha au poulailler. Et comme ils étaient fatigués de leur long trajet, ils s'endormirent aussitôt.
Quand minuit fut passé, les voleurs virent de loin que la lumière avait été éteinte dans la maison et que tout y paraissait tranquille.
À partir de ce moment-là, les voleurs n'osèrent plus retourner à la maison. Quant aux quatre musiciens de Brême, ils s'y plurent tant qu'ils y restèrent. Le dernier qui me l'a raconté en fait encore des gorges chaudes.
samedi 15 novembre 2008
Les plumes de Buse
Il y a très longtemps, les oiseaux n'avaient pas d'habits. Ils parlaient comme les gens, mais ils étaient timides et se cachaient. Un jour ils décidèrent de se réunir en conseil. " Nous devons aller voir le Créateur et lui demander des habits, " dit Aigle. Tous acceptèrent. L'histoire de Ra
Au début, il y avait le tout puissant dieu Ra. Ce fit lui qui créa les autres dieux : Shu, les vents qui soufflent, Tefnut, la pluie qui tombe, Geb, la terre, Nut, le ciel, et Hapi, le dieu du Nil qui faisait d’Égypte une terre fertile. Ensuite, Ra créa toutes les autres choses sur la Terre, ainsi que l’Homme. Ra fut Pharaon pendant des milliers et des milliers d’années, et ce fut une période d’une telle bonté et d’une telle abondance, que les gens le vénérèrent à jamais. Mais Ra vieillit et les hommes ne le craignaient plus et ne lui obéissaient plus, à un tel point que Ra se fâcha et convoqua tous les autres dieux. Ceux-ci lui conseillèrent d’envoyer la destruction aux hommes et de retourner son œil contre eux. Ainsi, Ra envoya son œil contre eux sous la forme de sa fille, Sejmet, la plus terrible et féroce de toutes les déesses. Comme une lionne se jetant sur sa proie, Sejmet tomba comme la foudre sur les gens de haute et basse Egypte qui avaient désobéi à son père et les tua tous. Elle tua tous ceux qu’elle pouvait, dégustant le massacre, buvant le sang. Le Nil coulait rouge du sang versé par les hommes et Ra tenta d’arrêter sa fille, mais même lui ne pouvait arrêter la sanglante voracité de Sejmet. Il comprit qu’il devrait tromper Sejmet pour mettre fin au massacre, c’est pour quoi il ordonna a des messagers qu’ils aillent chercher de l’ocre rouge de l’île d’Eléphantine et qu’ils l’apportent à Heliopolis, où les femmes fabriquèrent de la bière toute la journée. Ils mélangèrent l’ocre avec la bière et le versèrent sur le sol où Sejmet avait prévu son prochain massacre. Quand le soleil se leva, le lendemain matin, Sejmet vit le sol couvert de « sang » et but toute la bière, laissant toutes ses forces anéanties. Elle ne pouvait plus tuer. Elle dormit toute la journée et revint péniblement auprès de son père. Ra lui dit : « tu viens pour faire la paix, ma douce fille. », et à partir de ce moment, elle devint la déesse Hator, aussi douce et forte que l’amour lui-même. Depuis lors, les prêtresses de Hator célèbrent son festival en buvant de la bière mélangée à de l’ocre rouge.Ra continua a règner, mais il se faisait vieux et il perdait sa sagesse. Aucun autre dieu ne pouvait avoir sa sagesse, puisqu’ils ne connaissaient pas le nom secret de son pouvoir. Mais Geb et Nut eurent des enfants et naquirent les dieux les plus jeunes : Osiris, Isis, Set et Neftis. Isis était la plus sage de tous, et elle réussit à obtenir le nom secret du pouvoir. Dès lors, Ra ne fut plus Pharaon et il occupa sa place dans le ciel, qu’il parcourait chaque jour, et il traversait le monde d’outre-tombe toutes les nuits dans la barque de Ra, emportant avec lui les âmes des morts.
jeudi 13 novembre 2008
Montrer du doigt!
On peut se demander ce qu'il y a de mal à montrer du doigt alors que lorsque nous ne sommes que des bébés, désigner du doigt est quasi vital pour faire comprendre à ses parents que l'on à soif plutôt que faim, etcetera. Aujourd'hui encore, les médecins évaluent l'avancé ou le retard intellectuel d'un bébé en posant, entre autre, la question du désignement par l'index. Alors pourquoi est-ce mal de montrer du doigt ? La réponse viendrait du fait que pointer du doigt était auparavant considéré comme un geste de sorcière maudissant sa proie. Il a donc fallu enseigner aux enfants à ne pas utiliser de geste douteux si on ne voulait pas les voir exécuté lors des chasses aux sorcières. Avec le temps, cette interdiction a perdu son sens initial, le geste se voyant simplement qualifié de ''pas beau''. mardi 11 novembre 2008
Hansel et Grethel
- Langue, langue lèche ! Qui donc ma maison lèche ?
Les enfants répondirent:
- C'est le vent, c'est le vent. Ce céleste enfant.
Et ils continuèrent à manger sans se laisser détourner de leur tâche. Hansel, qui trouvait le toit fort bon, en fit tomber un gros morceau par terre et Grethel découpa une vitre entière, s'assit sur le sol et se mit à manger. La porte, tout à coup, s'ouvrit et une femme, vieille comme les pierres, s'appuyant sur une canne, sortit de la maison. Hansel et Grethel eurent si peur qu'ils laissèrent tomber tout ce qu'ils tenaient dans leurs mains. La vieille secoua la tête et dit :
- Petit canard, petit canard, nous sommes Hansel et Grethel. Il n'y a ni barque, ni gué, ni pont, fais-nous passer avant qu'il ne soit tard.
Le petit canard s'approcha et Hansel se mit à califourchon sur son dos. Il demanda à sa soeur de prendre place à côté de lui.
samedi 8 novembre 2008
Chimère
Son nom se rattache à une racine désignant le froid, l'hiver ( cf grec "Kheimmôn", latin "hiems") ; elle est fille de Typhon et d'Echidna, et a le corps d'une chèvre, l'arrière d'un serpent et la tête d'un lion. Bien sûr, elle souffle des flammes. Monté sur le cheval ailé Pégase, le héros y parvint grâce à une ruse : il mit du plomb au bout de sa lance. Lorsque Chimère, pour se défendre, comme tout dragon qui se respecte, cracha des flammes, Bellérophon pointa vers elle sa lance : le plomb fondit aussitôt et tomba, brûlant, dans la gorge de Chimère, qui rendit l'âme.
La légende de Belle-île-en-mer
Selon la légende, la ravissante île qu'on appelle en breton Ar Gerveur (la Grande Cité) et en français Belle-Ile-en-Mer, serait une création des fées. Celles-ci contraintes de quitter la Bretagne où elles avait vécu pendant de long siècles, en éprouvèrent tant de chagrin qu'elles versèrent des flots de larmes. De ces flots naquit le golf du Morbihan. Elles y jetèrent leurs couronnes de fleurs et ce sont ces couronnes de fleurs qui sont devenues les 365 îles et îlots parsemant le golfe. Mais la plus belle d'entre elles, celle de la reine des fées en personne, dériva sur les ondes et alla former au large la plus grande des îles bretonnes, la splendide Belle-Ile-en-Mer. Et il est bien vrais que ces 365 îles du Golfe et leur grande soeur Ar Gerveur constituent un ensemble absolument Féerique. mardi 4 novembre 2008
Les Nains magiques
Il était un cordonnier qui, par suite de malheurs, était devenu si pauvre, qu'il ne lui restait plus de cuir que pour une seule paire de souliers. Le soir il le tailla afin de faire les souliers le lendemain matin ; puis, comme il avait une bonne conscience, il se coucha tranquillement, fit sa prière et s'endormit. Le lendemain, à son lever, il allait se mettre au travail, quand il trouva la paire de souliers toute faite sur sa table. Grande fut sa surprise ; il ne savait ce que cela voulait dire. Il prit les souliers et les considéra de tous côtés ; ils étaient si bien faits qu'ils n'y avait pas un seul point de manqué ; c'était un vrai chef-d'oeuvre.Il y avait une fois une pauvre servante qui était active et propre ; elle balayait tous les jours la maison et poussait les ordures dans la rue devant la porte. Un matin, en se mettant à l'ouvrage, elle trouva une lettre par terre ; comme elle ne savait pas lire, elle posa son balai dans un coin et porta la lettre à ses maîtres : c'était une invitation de la part des nains magiques, qui la priaient d'être marraine d'un de leurs enfants. Elle ne savait que décider ; enfin, après beaucoup d'hésitations, comme on lui dit qu'il était dangereux de refuser, elle accepta. Trois nains vinrent la chercher et la conduisirent dans une caverne de la montagne, où ils demeuraient. Tout y était d'une extrême petitesse, mais si joli et si mignon qu'on ne saurai dire combien. L'accouchée était dans un lit d'ébène incrusté de perles, avec des couvertures brodées d'or ; le berceau de l'enfant était en ivoire et sa baignoire en or massif. Après le baptême, la servante voulait retourner tout de suite chez ses maîtres, mais les nains la prièrent instamment de rester trois jours avec eux. Elle les passa en joie et en fêtes, car ces petits êtres lui faisaient le plus charmant accueil.
Un jour les nains prirent à une femme son enfant au berceau, et mirent à la place un petit monstre qui avait une grosse tête et des yeux fixes et qui voulait sans cesse à manger et à boire. La pauvre mère alla demander conseil à sa voisine. Celle-ci lui dit qu'il fallait porter le petit monstre dans la cuisine, le poser sur le foyer, allumer du feu à côté, et faire bouillir de l'eau dans deux coquilles d'oeufs ; cela ferait rire le monstre, et si une fois il riait, il serait obligé de partir.La femme fit ce que sa voisine lui avait dit. Dès qu'il vit les coquilles d'oeuf pleines d'eau sur le feu, le monstre s'écria :
- Je n'avais jamais vu, quoique je sois bien vieux, faire bouillir de l'eau dans des coquilles d'oeufs.
Et il partit d'un éclat de rire. Aussitôt il survint une foule de nains qui rapportèrent l'enfant véritable, le déposèrent dans la cheminée et reprirent leur monstre avec eux.
La fille aux cheveux d'or ou la légende de l'été indien
Mudjekewis avait neuf frères et ensemble, ils vainquirent l'ours géant. Aussi reçurent-ils en présent la ceinture sacrée qui contient de quoi vivre heureux sa vie durant. Le mérite de cet exploit, chacun le savait, revenait à Mudjekewis, le plus jeune des 10 garçons, et ce fut à lui qu'échut le pouvoir de gouverner les vents d'Ouest. On l'appela dès lors Kabeyun, père des airs, et il entreprit de distribuer une part de sa puissance à chacun de ses fils. A Wabun, il donna l'Est; à Shawondasee, le Sud, et à Kabiboonoka, le Nord. Seul Manabozho n'eut rien de cet héritage, car sa naissance avait été illégitime. C'est pourquoi, plus tard, blessé par cette injustice, il partit en guerre contre son père jusqu'à ce que celui-ci, accédant sa requête, consente à lui céder une part de la souveraineté de Kabiboonoka, en lui abandonnant le privilège de règner sur les vents du Nord-Ouest. Shawondasee, maître du Sud, révéla très jeune son indolence. C'était, bien avant l'âge, un vieillard poussif peu enclin à voyager, les yeux mi-clos toujours fixés droit devant lui. Souvent il soupirait lorsque venait l'automne, dispensant généreusement cet air doux qui gagne alors tout le Nord du pays.Mais un jour, il aperçut au loin, courant gracieusement à travers les plaines du Nord, une jeune fille aux cheveux d'or. Elle était très belle et il en tomba aussitôt amoureux. Ses boucles surtout, blondes comme le blé mûr, avaient conquis son coeur. Cependant sa paresse naturelle l'emporta sur sa passion et, à l'aube du matin, il la surprit enveloppée d'une nuée blanche comme neige. Il en conçut aussitôt une vive jalousie, persuadé que son frère Kabiboonoka s'était mis en tête de la lui ravir en lui offrant l'une de ses écharpes immaculées dont les vents du Nord ont coutume de se parer aux approches de l'hiver.
Il est un âge pour tout, dit le sage, et Shawondasee avait eu le tort de se croire assez jeune pour être aimé de la fille aux cheveux d'or. En la poursuivant de ses soupirs alanguis, il n'avait fait que précipiter sa fuite. Depuis, croyant chaque automne revoir l'objet de sa flamme courir dans les prés comme au premier jour, le vieillard continue de haleter doucement au souvenir d'un bonheur inaccessible, gratifiant les terres du Nord, à la veille de l'hiver, de cette saison à nulle part pareille et que les hommes blancs appellent l'été indien.
mardi 28 octobre 2008
Cendrillon
Sentant sa fin venir, la femme d'un homme très riche appela sa fille unique auprès de son lit et lui tint ce langage :Un jour que le père avait décidé de se rendre à la foire, il demanda à ses deux belles-filles ce qu'il devrait leur en rapporter.
Il arriva que le roi organisa une fête qui devait durer trois jours et à laquelle les plus jolies filles du pays étaient invitées pour que son fils pût, parmi elles, trouver une épouse. Lorsque les deux soeurs apprirent qu'elles pourraient s'y rendre, toutes joyeuses, elles appelèrent Cendrillon et lui dirent :
- Les bonnes dans mon petit pot les mauvaises dans votre jabot !
Voilà qu'arrivent à la fenêtre de la cuisine deux pigeons blancs, et puis des tourterelles ; finalement, tous les oiseaux du ciel, sifflant et volant, s'abattent dans les cendres. Et les pigeons commencèrent à picorer, pic, pic, et les autres aussi, pic, pic, pic, mettant toutes les bonnes graines dans le petit pot. Une heure à peine était écoulée, tout était fini et les oiseaux s'étaient de nouveau envolés. La jeune fille apporta la casserole à la marâtre, tout heureuse, s'imaginant qu'elle pourrait aller à la fête. Mais la méchante femme dit :
- Les bonnes dans mon petit pot les mauvaises dans votre jabot !
Deux pigeons blancs arrivent à la fenêtre, suivis des tourterelles ; finalement tous les oiseaux du ciel, sifflant et volant, s'abattent dans les cendres. Et les pigeons commencèrent à picorer, pic pic, pic, et les autres aussi ; pic, pic, pic, mettant toutes les bonnes graines dans le petit pot. Avant qu'une demi-heure ne fût écoulée, ils avaient déjà fini et reprenaient leur vol. La jeune fille porta la casserole à sa belle-mère, se réjouissant et croyant qu'elle pourrait aller à la fête. Mais la marâtre dit :
Lorsqu'ils arrivèrent à la maison, Cendrillon, vêtue de ses habits sales, était couchée dans la cuisine. Une misérable lampe à huile brûlait sur la cheminée ; car Cendrillon avait vivement quitté le pigeonnier par-derrière et avait couru vers le noisetier. Elle avait retiré ses beaux habits, les avait déposés sur la tombe et l'oiseau les avait repris ; puis, dans ses vieux vêtements, elle était allée se coucher dans la cendre.Le lendemain, comme la fête recommençait, et que les parents et les deux filles étaient de nouveau partis, Cendrillon s'en fut sous le noisetier et dit :
Crou, crou, crou, crou, dans la pantoufle il y a du sang partout ; la pantoufle est bien trop petite, la vraie fiancée est encore au gîte.
Le prince regarda les pieds de la jeune fille, vit que du sang coulait. Il fit faire demi-tour à son cheval, ramena la fausse fiancée chez elle, dit que ce n'était pas la bonne, que l'autre soeur devait essayer la pantoufle. Celle-ci alla dans sa chambre. Ses orteils entraient dans la pantoufle, mais le talon était trop gros. Sa mère lui tendit un couteau et dit :
Crou, crou, crou, crou, dans la pantoufle il y a du sang partout ; la pantoufle est bien trop petite, la vraie fiancée est encore au gîte.
Le prince regarda les pieds de la jeune fille, vit que du sang coulait de la pantoufle et que le bas blanc était devenu tout rouge. Il fit faire demi-tour à son cheval et ramena la fausse fiancée chez elle.
La marâtre et ses deux filles avaient peur ; elles devinrent blêmes de colère ; mais le prince prit Cendrillon sur son cheval et partit au galop. Les noces furent bientôt célébrées.
samedi 25 octobre 2008
Les Muses
Ce sont les filles de Zeus et de Mnémosyne, la déesse de la mémoire et du souvenir. Pour les psychologues, la mémoire représente la conquête progressive et difficile par l'homme de son passé individuel (l'histoire, pour un groupe social, de son passé collectif). Or très vite la mémoire a été sacralisée en Grèce et une vaste mythologie de la réminiscence s'est élaborée dans les temps archaïques. Donc, dans le panthéon grec, figure entre autres allégories, une divinité qui représente une fonction psychologique : Mnémosyne, la mémoire (cf. aussi Éros, l'Amour, Aïdos, la Pudeur, Pistis, la Confiance, etc.) ; mais la sacralisation de la mémoire prouve le prix qui lui est accordé dans une civilisation de tradition d'abord purement orale avant la diffusion de l'écriture. Mnémosyne avec ses filles, les Muses, dont elle conduit le choeur, préside à la fonction poétique. Pour les Grecs, en effet, sans intervention divine, nul ne peut être poète, la poésie constituant une des formes de la possession et du délire divins. Inspiré donc par la divinité, le poète (comme le devin) découvre, dans une sorte de révélation, les réalités qui échappent au regard du commun des mortels, réalités qui concernent le passé et l'avenir. En fait, le poète, par la mémoire, se transporte presque uniquement vers les événements anciens (le devin se projette plutôt vers l'avenir) auxquels il assiste pour ainsi dire de l'intérieur. Il y a là comme une sorte de "devoir de mémoire", un message sacré dans cette recherche des origines : les Muses et leur mère chantent le monde en commençant par le commencement : apparition du monde, genèse des dieux, naissance de l'humanité...). Le passé ainsi dévoilé est la source du présent et aide à découvrir la réalité primordiale qui permet de comprendre le monde et son devenir dans son ensemble. Les Muses sont particulièrement honorées en Piérie, lieu de leur naissance, au Nord du mont Olympe qui est aussi leur demeure ; d'où leur surnom de Piérides. Elles étaient également honorées en Béotie, sur le mont Hélicon, dans les vallons duquel Apollon menait, disait-on, leur choeur. Les Muses sont au nombre de neuf et charment le monde de leurs chants. Elles sont source de bonheur et de sagesse.Clio ; son nom est à rattacher au nom grec kléos, le renom, la gloire. D'abord muse de l'épopée, elle est devenue celle de l'histoire, qui immortalise la gloire des grands hommes. Unie à Piéros (de Thessalie) elle aurait donné naissance à Hyakinthos.
Euterpe, dont le nom signifie "qui réjouit, qui charme" (eu + terpô) est la muse de la musique et du chant. Unie au fleuve Strymon (fleuve de Thrace) elle aurait donné naissance à Rhésos, roi de Thrace.
Thalie dont le nom vient d'une racine grecque signifiant "pousser abondamment, croître", idée associée également à celle de fête, joie, etc. C'est la muse de la comédie. Primitivement elle était la muse de la poésie pastorale. Aimée d'Apollon, elle aurait donné naissance aux Corybantes
Melpomène, "la chanteuse", d'abord muse du chant puis de la tragédie (ou de toute poésie grave et sérieuse). Unie au fleuve Achéloos elle aurait donné naissance aux Sirènes.
Terpsichore, dont le nom signifie "qui aime la danse (et les chants)" ; on retrouve dans son nom la même racine (verbe terpô, charmer) que dans le nom de sa soeur Euterpe.
Polymnie (ou Polhymnie), dont le nom signifie l'abondante variété des rythmes".
Uranie, dont le nom est clairement issu de Ouranos (l'univers) est considérée comme la muse de l'astronomie.
La première née s'appelle Calliope dont le nom signifie "à la belle voix" ; c'est la muse de la poésie épique et de l'éloquence. La tradition en fait la mère du poète Orphée. On dit aussi que Calliope fut désignée par Zeus pour arbitre dans la dispute qui opposa Perséphone et Aphrodite pour la garde d'Adonis : Calliope aurait accordé, par un jugement à la Salomon, six mois de garde à Perséphone et six mois à Aphrodite. Celle-ci, furieuse de devoir partager Adonis, fit naître dans le coeur des femmes de Thrace une telle passion pour Orphée, fils de Calliope, que, dans leur avidité à le posséder, elles le mirent en pièces. Pour terminer, les Muses apparaissent et ne sont citées que rarement ensemble sauf lorsqu'on les voit chanter un thrène aux funérailles d'Achille (Homère, Odyssée) ou dans le récit du Thrace Thamyris (Homère, Iliade).
Si l'on veut suivre la postérité des Muses dans la littérature, on s'apercevra que les Muses, dans leur ensemble ou sous le terme générique de "Muse" restèrent, pendant longtemps, le symbole de l'inspiration poétique.
On vit même apparaître une "dixième muse", désignant toute femme qui cultive avec succès la poésie (c'est ainsi que les Anciens désignaient la poétesse Sapho).
Puis le terme "muse" (sans majuscule) a désigné les belles lettres et particulièrement la poésie, comme dans l'expression "cultiver les muses" ; le terme peut désigner aussi le génie particulier d'un poète.
Le petit Pou et la petite Puce
Le petit pou s'est ébouillanté, la petite puce en perd la santé.
Le petit balai se mit à s'agiter de tous côtés. Une petite charrette qui passait par là, cria :
Le petit pou s'est ébouillanté , la petite puce en perd la santé, et la petite porte grince à qui mieux mieux.
Et la petite charrette dit :
Le petit pou s'est ébouillanté , la petite puce en perd la santé, la petite porte grince à qui mieux mieux, le balai s'agite, sauve-qui-peut !
Les balayures décidèrent alors :
Le petit pou s'est ébouillanté , la petite puce en perd la santé, la petite porte grince à qui mieux mieux, le balai s'agite, sauve-qui-peut ! La charrette fonce fendant les airs.
Et le petit arbre dit :
Le petit pou s'est ébouillanté , la petite puce en perd la santé, la petite porte grince à qui mieux mieux, le balai s'agite, sauve-qui-peut ! La charrette fonce fendant les airs, les balayures brûlent en un feu d'enfer.
Et la petite fille dit :
Le petit pou s'est ébouillanté, la petite puce en perd la santé, la porte grince à qui mieux mieux, le balai s'agite, sauve-qui-peut ! La charrette fonce fendant les airs, les balayures brûlent en un feu d'enfer. Et le petit arbre, le pauvre, du pied à la tête il tremble.
- Ah bon, dit la petite source, alors moi, Je vais déborder. Et elle se mit à déborder ; et l'eau inonda tout en noyant la petite fille, le petit arbre, les balayures, la charrette, le petit balai, la petite porte, la petite puce et le petit pou, tous autant qu'ils étaient.
mercredi 22 octobre 2008
Prométhée
"Le prévoyant", fils du titan Japet et d'une Océanide, frère d'Epiméthée et d'Atlas. Dans la seconde guerre des Titans, qui opposa Cronos à son fils Zeus, Prométhée prit le parti de Zeus. Mais la discorde s'éleva bientôt entre les deux divinités. Prométhée ayant un jour réservé la meilleure part d'un sacrifice aux hommes, Zeus priva ces derniers de l'usage du feu.Prométhée ne tarda pas à le leur rendre, et leur apprit aussi les sciences et les arts. Pour le punir, Zeus le fit enchaîner sur une montagne du Caucase, où un aigle lui dévorait éternellement le foie. (Eschyle, Prométhée enchaîné)
Selon d'autres, Prométhée aurait donné aux hommes le feu dès l'apparition des "races mortelles", pour réparer l'imprévoyance de son frère Epiméthée, qui avait distribué toutes les qualités aux animaux. (Platon, Protagoras) Héraclès délivre un jour Prométhée de son supplice, pour le remercier de lui avoir indiqué son chemin. Zeus finit par pardonner au coupable, quand ce dernier, doué du don de prophétie, lui annonce qu'il sera détrôné s'il a un fils de Thétis.
Prométhée est honoré par les potiers athéniens.
Tom Pouce
Il était une fois un pauvre paysan. Un soir qu'il était assis près de l'âtre et tisonnait le feu pendant que sa femme filait, il dit :

