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Bienvenue sur ce blog, recueil de mythes, contes et légendes de tout temps et de tout lieu.
Bonne lecture...


Oyé oyé...

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mercredi 16 décembre 2009

Diane / Artémis

Diane ou Artémis, fille de Latone et de Jupiter, soeur jumelle d'Apollon, née à Délos, Elle est née dans l'île d'Ortygie, triomphant des persécutions d'Héra, un jour avant son frère ; son nom semble venir de l'adjectif grec artémès, qui signifie "en bonne santé". vint au monde quelques instants avant son frère.

Quand elle fut en âge de satisfaire ses goûts d'indépendance, elle alla trouver son père, lui fit part de ses intentions et le pria d'en favoriser l'essor. Jupiter l'écouta : "D'abord, dit-elle, ne me parlez pas de mariage ; je n'en veux à aucun prix. Je veux être libre de circuler à ma fantaisie, à travers les forêts et les plaines, gravir les monts escarpés...etc"

Témoin des douleurs maternelles de Latone, elle conçut une telle aversion pour le mariage qu'elle demanda et obtint de Jupiter la grâce de garder une virginité perpétuelle comme Minerve, sa soeur. Jupiter l'arma lui-même d'un arc et de flèches et la fit Reine des Bois. Il lui donna un cortège de soixante nymphes appelées Océanies et de vingt autres nommées Asies dont elle exigeait une inviolable chasteté.

C'est pour cette raison que ces deux déesses reçurent de l'oracle d'Apollon le nom de Vierges blanches.

Suivant la tradition la plus courante, Diane est sœur jumelle d'Apollon. Ainsi que son frère, elle est une divinité de la Lumière, mais de la lumière lunaire. Les Romains l'adoraient principalement comme déesse de la chasse et comme présidant à la naissance.

Cette déesse est sévère, cruelle. Elle sévit sans pitié contre tous ceux qui ont provoqué son ressentiment. Elle n'hésite pas à détruire leurs moissons, à ravager leurs troupeaux, semer l'épidémie autour d'eux, à humilier, faire périr même leurs enfants. À la prière de Latone, sa mère, elle se joint à Apollon, pour percer de ses flèches tous les enfants de la malheureuse Niobé, qui s'est vantée de sa plus nombreuse descendance. Elle traite ses nymphes avec la même rigueur, si elles oublient leur devoir.
Voici quelques exemples :
  • En s'associant à son frère jumeau Apollon elle se venge de Niobé, reine de Thèbes (fille de Tantale et épouse d'Amphion, roi de Thèbes). En mettant au monde sept (ou six) garçons et sept (ou six) filles, Niobé se vante d'être plus féconde que leur mère Léto ; Artémis et Apollon tuent par leurs flèches transperçantes six filles et six garçons de Niobé et seulement deux enfants parviennent à s'enfuir. Niobé, désespérée, s'enfuit pour se réfugier à Sipyle en Lydie, en Asie-Mineur, chez son père ; là elle est transformée en une pierre coulant des larmes jour et nuit.
  • Actéon, fils d'Aristée, Chiron lui enseigne tous les secrets de la chasse. Malheureusement, Actéon, en poursuivant, avec sa meute de chiens, un gibier sur le mont Citnéron, il surprend Artémis et ses compagnes nues, se baignant près d'une source ; Artémis, mécontente et craignant qu'il se vante qu'elle s'est montrée nue en sa présence, elle le transforme en jeune cerf en lui jetant de l'eau au visage, puis elle laisse ses propres cinquante chiens, qu'ils ne le reconnaissent plus, de le poursuivre et le dévorer.
  • Artémis exigeait de ses compagnes une parfaite chasteté, pour cela elle change sa suivante Callisto en ourse, pour la punir d'avoir perdu sa virginité avec Zeus et d'avoir porté un enfant de lui, puis Artémis fait appel à ses chiens pour la traquer et la tuer, mais Zeus la protège en la plaçant sur la voûte céleste parmi les étoiles. Pour d'autres, Callisto, après avoir été auparavant métamorphosée en ourse par Zeus, Artémis la transperce sans pitié de ses flèches suite à une erreur de chasse provoquée par la jalouse Héra, épouse de Zeus.



Artémis, pour aider son frère Apollon, perce de ses flèches l'infidèle Coronis, la mère d'Asklépios.
Dans l'épopée de la guerre de Troie, Artémis empêche temporairement le départ des flottes des armées grecques vers la ville de Troie en levant des vents contraires car elle se juge offensée par le roi Agamemnon qui a tué une biche dans un de ses sanctuaires (ou selon d'autres versions, Agamemnon s'est vanté d'être plus adroit à la chasse que la déesse elle-même ou un meilleur arché qu'elle). En interrogeant les oracles, Agamemnon apprend que pour lever cette sanction divine, il doit sacrifier sa fille Iphigénie à Artémis. Pressé dans son entreprise guerrière, Agamemnon accepte ce sacrifice mais heureusement, au dernier moment, Artémis sauve Iphigénie en lui substituant, sur le bûcher, une biche ; elle la transporte dans les airs et elle fait d'elle sa prêtresse en Tauride (Crimée).
Artémis envoie un terrible sanglier qui dévaste le royaume de Calydon, parce que son roi Œnée, lors d'un sacrifice offert à toutes les divinités d'Olympe pour les remercier d'avoir donné de bon récoltes, il avait oublié de lui consacrer une partie de ses récoltes.

Une ourse était entrée dans son enceinte sacrée près d'Athènes et elle avait été apprivoisée par les visiteurs du temple ; un jour, l'ourse, ne pouvant plus, elle griffe une petite fille, qui ne cessait pas de l'agacer. Les frères de la petite fille, furieux, tuent la bête ; Artémis se juge offensée dans son propre sanctuaire, alors elle se venge en dévastant la cité d'une peste. Suite à cette sanction divine, les fillettes d'Athènes viennent au temple d'Artémis apprendre à être sages « faire l'Ourse », en courant et dansant, torches en mains, pour la Déesse.

Elle habite dans des régions portant en grec le nom d'eschatiai : les extrémités, les confins extrêmes des territoires des hommes, les limites du territoire cultivé et de l'espace sauvage, les frontières entre la Civilisation et de la Sauvagerie ; dans les montagnes, les bois et les sombres forêts, la où elle chasse les animaux sauvages ; elle descend aussi vers l'Océan, vers les embouchures des fleuves, les lagunes et les marécages (déesse des marécages ou Limnatis) et les bords des lacs et des fleuves. La nuit, elle danse avec ses Nymphes, sur la prairie.
Déesse de la chasse et de la nature sauvage, « Dame des fauves » d'après Homère dans l'Iliade ; elle est belle, chaste, vierge et farouche, avec des grands talents de chasseresse (particulièrement les cerfs), on la représente le plus souvent, court vêtue, armée d'un arc et de flèches forgés par Héphaïstos, elle est souvent accompagnée d'une biche, d'un cerf ou d'un chien, ou encore d'une meute de chiens offerts par Pan (trois chiens aux oreilles coupées, deux bigarrés et un tacheté, puis sept lévriers de Spartes).


Comme son frère Apollon, elle a différents noms :
- sur la terre, elle s'appelle Diane ou Artémis
- au ciel, la Lune ou Phébé
- aux Enfers, Hécate


Son temple le plus célèbre était incontestablement celui d'Ephèse. Durant deux cent vingt ans, toute l'Asie concourut à le construire, l'orner et l'enrichir. Les immenses richesses qu'il contenait furent sans doute la cause des différentes révolutions qu'il éprouva. Ou prétend qu'il fut détruit et reconstruit sept fois. Cependant l'histoire ne mentionne que deux incendies de ce temple : le premier par les Amazones, le second par Erostrate, la nuit même où naquit Alexandre. Il fut entièrement détruit l'an 263, sous l'empereur Gallien.

dimanche 29 novembre 2009

Le diamant et la goutte de rosée

Un beau diamant, qui avait autrefois brillé au doigt d'une princesse, gisait dans un pré, à côté de pissenlits et de pâquerettes. Juste au-dessus de lui, brillait une goutte de rosée qui s'accrochait timidement à un brin d'herbe.
Tout en haut, le brillant soleil du matin dardait ses rayons sur tous les deux, et les faisait étinceler.
La modeste goutte de rosée regardait le diamant, mais sans oser s'adresser à une personne d'aussi noble origine.
Un gros scarabée, en promenade à travers les champs aperçut le diamant et reconnut en lui quelque haut personnage.
- Seigneur, dit-il en faisant une grande révérence, permettez à votre humble serviteur de vous offrir ses hommages.
- Merci, répondit le diamant avec hauteur.En relevant la tête, le scarabée aperçut la goutte de rosée.
- Une de vos parentes, je présume, monseigneur ? demanda-t-il avec affabilité en dirigeant une de ses antennes vers la goutte de rosée.
Le diamant partit d'un éclat de rire méprisant.
- Quelle absurdité! déclara-t-il. Mais qu'attendre d'un grossier scarabée ? Passez votre chemin, monsieur. Me mettre, moi, sur le même rang, dans la même famille qu'un être vulgaire, sans valeur et le diamant s'esclaffait.
- Mais, monseigneur, il me semblait… sa beauté n’est-elle pas égale à la vôtre ? balbutia timidement le scarabée déconfit.
- Beauté, vraiment ? Imitation, vous voulez dire. En vérité, l'imitation est la plus sincère des flatteries, il y a quelque satisfaction à se le rappeler. Mais cette beauté factice même est ridicule si elle n'est pas accompagnée de la durée. Bateau sans rames, voiture sans chevaux, puits sans eau, voilà ce que c'est que la beauté sans la fortune. Aucune valeur réelle là où il n'y a ni rang ni richesse. Combinez beauté, rang et richesse, et le monde sera à vos pieds. A présent, vous savez pourquoi on m'adore.
Et le diamant lança de tels feux que le scarabée dut en détourner les yeux, pendant que la pauvre goutte de rosée se sentait à peine la force de vivre, tant elle était humiliée.
Juste alors une alouette descendit comme une flèche, et vint donner du bec contre le diamant.
- Ah! fit-elle désappointée, ce que je prenais pour une goutte d'eau n'est qu'un misérable diamant. Mon gosier est desséché, je vais mourir de soif.
- En vérité! Le monde ne s'en consolera jamais, ricana le diamant.Mais la goutte de rosée venait de prendre une soudaine et noble résolution.
- Puis-je vous être utile, moi ? demanda-t-elle. L'alouette releva la tête.
- Oh! ma précieuse amie, vous me sauverez la vie.
- Venez, alors.Et la goutte de rosée glissa du brin d'herbe dans le gosier altéré de l'alouette.
- Oh! oh! murmura le scarabée en reprenant sa promenade. Voilà une leçon que je n'oublierai pas. Le simple mérite vaut plus que le rang et la richesse sans modestie et sans dévouement; il ne peut y avoir aucune réelle beauté sans cela.

Le lapin qui voulait être roi


Un beau jour, un petit lapin voulut être roi. Par un beau matin d'été qui sentait bon l'herbe humide, il sortit de son terrier et courut à la clairière des petits lapins, tout excité. Il criait :
- Petits lapins, petits lapins, c'est décidé, je vais être roi !
- Ah! ah! ah! s'esclaffèrent tous les petits lapins. Mais tu n'as pas de couronne, tu ne peux pas être un roi.Loin d'être découragé, le petit lapin se mit en route et partit à la recherche d'une couronne de roi.

Chemin faisant, il rencontra l'écureuil qui perché sur la plus grosse branche d'un chêne l'interpella :
- Où cours-tu comme ça, petit Lapin ?
- Je suis à la recherche d'une couronne de roi. Sais-tu où je peux en trouver une, demanda le petit lapin ?
L'écureuil réfléchit un instant puis, comme s'il venait d'avoir une révélation dit :
- Cherche ici et cherche là.

Puis, il se retourna et rentra dans son trou. Le petit lapin ramassa quelques brindilles. Il les assembla et les mit sur sa tête. Sans attendre, il retourna vers la clairière des petits lapins tout excité. Il criait :
- Petits lapins, petits lapins, regardez, je suis le roi !
- Ah! ah! ah! s'esclaffèrent tous les petits lapins. Mais pour être roi, il faut une couronne et un sceptre de roi. Mais tu n'as pas de sceptre, tu ne peux pas être un roi.Loin d'être découragé, le petit lapin se remit en route et partit à la recherche d'un sceptre de roi.

Chemin faisant, il rencontra le chien qui cherchait des os. L'entendant arriver, il releva la truffe et l'interpella :
- Où cours-tu comme ça, petit Lapin ?
- Je suis à la recherche d'un sceptre de roi. Sais-tu où je peux en trouver un, demanda le petit lapin ?
Le chien réfléchit un instant puis, comme s'il venait d'avoir une révélation dit :
- Cherche ici et cherche là.
Puis, il se retourna et reprit sa recherche dans son trou. Mais il déterra un bel os et le tendit au lapin.
- Voilà, petit lapin, c'est pour toi, dit-il.
- Merci bien, mille mercis, répondit le petit lapin et sans attendre, il retourna vers la clairière des petits lapins tout excité.
Il criait :
- Petits lapins, petits lapins, regardez, je suis le roi !
- Ah! ah! ah! s'esclaffèrent tous les petits lapins. Mais pour être roi, il faut une couronne, un sceptre de roi et des gardes du palais. Mais tu n'as pas de gardes du palais.
Loin d'être découragé, le petit lapin se remit en route et partit à la recherche des gardes du palais.

Chemin faisant, il rencontra le cheval, la poule, le chien et l'écureuil. Tous le regardaient arriver et l'interpellèrent :
- Où cours-tu comme ça, petit Lapin ?
- Je suis à la recherche des gardes du palais. Savez-vous où je peux les trouver, demanda le petit lapin ?
L'écureuil, le chien, la poule, le cheval, répondirent tous en chœur :
- Petit lapin, nous serons les gardes de ton palais.
- Merci bien, mille mercis, répondit le petit lapin et sans attendre, il retourna vers la clairière des petits lapins tout excité.
Il criait très très fort :
- Petits lapins, petits lapins, regardez, je suis le roi !

A sa suite, venaient l'écureuil, le chien, la poule, le cheval. Il avait l'os dans la patte comme sceptre et sur la tête les brindilles en guise de couronne.
- Ah! ah! ah! s'esclaffèrent tous les petits lapins. Mais pour être roi, il faut…
- Arrêtez maintenant ! cria le petit lapin très fâché. J'ai trouvé une couronne de roi, un sceptre de roi et les gardes du palais. Et vous ne voulez pas que je sois le roi ? Gardes ! emparez-vous des petits lapins !
Alors les gardes s'emparèrent des petits lapins et les enfermèrent dans leurs terriers. Ils montèrent la garde ! Le roi petit lapin resta tout seul dans la clairière des petits lapins. C'était bien beau d'être devenu le roi mais il s'ennuyait. Que pouvait-il faire à présent ? Il chercha, chercha et finalement, il trouva une balle dans les fourrés.

Vite, il courut vers les terriers des petits lapins tout excité. Il criait :
- Petits lapins, petits lapins, c'est décidé, je vais être arbitre de football ! Gardes du palais, libérez les petits lapins.
- Ah! ah! ah! s'esclaffèrent tous les petits lapins. Mais pour être arbitre de football, il faut une équipe et beaucoup de joueurs.
- Eh bien justement, dit le petit lapin. Vous êtes beaucoup de petits lapins…
- Et nous, nous serons les spectateurs, dirent l'écureuil, le chien, la poule et le cheval.
Alors tout le monde cria :
- Vive l'arbitre ! Vive les petits lapins footballeurs ! Et le petit lapin installa la balle au milieu de la clairière.

vendredi 5 juin 2009

L'aiguille à repriser

Il y avait un jour une aiguille à repriser : elle se trouvait elle-même si fine qu’elle s’imaginait être une aiguille à coudre.
" Maintenant, faites bien attention, et tenez-moi bien, dit la grosse aiguille aux doigts qui allaient la prendre. Ne me laissez pas tomber ; car, si je tombe par terre, je suis sûre qu’on ne me retrouvera jamais. Je suis si fine !
- Laisse faire, dirent les doigts, et ils la saisirent par le corps. - Regardez un peu ; j’arrive avec ma suite ", dit la grosse aiguille en tirant après elle un long fil ; mais le fil n’avait point de noeud.
Les doigts dirigèrent l’aiguille vers la pantoufle de la cuisinière : le cuir en était déchiré dans la partie supérieure, et il fallait le raccommoder.
" Quel travail grossier ! dit l’aiguille ; jamais je ne pourrai traverser : je me brise , je me brise". Et en effet elle se brisa. "Ne l’ai-je pas dit ? s’écria-t-elle ; je suis trop fine.
- Elle ne vaut plus rien maintenant ", dirent les doigts.
Pourtant ils la tenaient toujours. La cuisinière lui fit une tête de cire, et s’en servit pour attacher son fichu. " Me voilà devenue broche ! dit l’aiguille. Je savais bien que j’arriverais à de grands honneurs. Lorsqu’on est quelque chose, on ne peut manquer de devenir quelque chose. "
Et elle se donnait un air aussi fier que le cocher d’un carrosse d’apparat, et elle regardait de tous côtés.
" Oserai-je vous demander si vous êtes d’or ? dit l’épingle sa voisine. Vous avez un bel extérieur et une tête extraordinaire ! Seulement, elle est un peu trop petite ; faites des efforts pour qu’elle devienne plus grosse, afin de n’avoir pas plus besoin de cire que les autres. "
Et là-dessus notre orgueilleuse se roidit et redressa si fort la tête, qu’elle tomba du fichu dans l’évier que la cuisinière était en train de laver. " Je vais donc voyager, dit l’aiguille ; pourvu que je ne me perde pas ! "
Elle se perdit en effet. " Je suis trop fine pour ce monde-là ! dit-elle pendant qu’elle gisait sur l’évier. Mais je sais ce que je suis, et c’est toujours une petite satisfaction. "
Et elle conservait son maintien fier et toute sa bonne humeur. Et une foule de choses passèrent au-dessus d’elle en nageant, des brins de bois, des pailles et des morceaux de vieilles gazettes. " Regardez un peu comme tout ça nage ! dit-elle. Ils ne savent pas seulement ce qui se trouve par hasard au-dessous d’eux : c’est moi pourtant ! Voilà un brin de bois qui passe ; il ne pense à rien au monde qu’à lui-même, à un brin de bois !... Tiens, voilà une paille qui voyage ! Comme elle tourne, comme elle s’agite ! Ne va donc pas ainsi sans faire attention ; tu pourrais te cogner contre une pierre. Et ce morceau de journal ! Comme il se pavane ! Cependant il y a longtemps qu’on a oublié ce qu’il disait. Moi seule je reste patiente et tranquille ; je sais ma valeur et je la garderai toujours. "
Un jour, elle sentit quelque chose à côté d’elle, quelque chose qui avait un éclat magnifique, et que l’aiguille prit pour un diamant. C’était un tesson de bouteille. L’aiguille lui adressa la parole, parce qu’il luisait et se présentait comme une broche. "Vous êtes sans doute un diamant ? - Quelque chose d’approchant. "
Et alors chacun d’eux fut persuadé que l’autre était d’un grand prix. Et leur conversation roula principalement sur l’orgueil qui règne dans le monde.
" J’ai habité une boîte qui appartenait à une demoiselle, dit l’aiguille. Cette demoiselle était cuisinière. A chaque main elle avait cinq doigts. Je n’ai jamais rien connu d’aussi prétentieux et d’aussi fier que ces doigts ; et cependant ils n’étaient faits que pour me sortir de la boîte et pour m’y remettre.
- Ces doigts-là étaient-ils nobles de naissance ? demanda le tesson.
- Nobles ! reprit l’aiguille, non, mais vaniteux. Ils étaient cinq frères... et tous étaient nés... doigts ! Ils se tenaient orgueilleusement l’un à côté de l’autre, quoique de différente longueur. Le plus en dehors, le pouce, court et épais, restait à l’écart ; comme il n’avait qu’une articulation, il ne pouvait s’incliner qu’en un seul endroit ; mais il disait toujours que, si un homme l’avait une fois perdu, il ne serait plus bon pour le service militaire. Le second doigt goûtait des confitures et aussi de la moutarde ; il montrait le soleil et la lune, et c’était lui qui appuyait sur la plume lorsqu’on voulait écrire. Le troisième regardait par-dessus les épaules de tous les autres. Le quatrième portait une ceinture d’or, et le petit dernier ne faisait rien du tout : aussi en était-il extraordinairement fier. On ne trouvait rien chez eux que de la forfanterie, et encore de la forfanterie : aussi je les ai quittés.
A ce moment, on versa de l’eau dans l’évier. L’eau coula par-dessus les bords et les entraîna. "Voilà que nous avançons enfin ! " dit l’aiguille. Le tesson continua sa route, mais l’aiguille s’arrêta dans le ruisseau. "Là ! je ne bouge plus ; je suis trop fine ; mais j’ai bien droit d’en être fière ! "
Effectivement, elle resta là tout entière à ses grandes pensées. " Je finirai par croire que je suis née d’un rayon de soleil, tant je suis fine ! Il me semble que les rayons de soleil viennent me chercher jusque dans l’eau. Mais je suis si fine que ma mère ne peut pas me trouver. Si encore j’avais l’oeil qu’on m’a enlevé, je pourrais pleurer du moins ! Non, je ne voudrais pas pleurer : ce n’est pas digne de moi ! "
Un jour, des gamins vinrent fouiller dans le ruisseau. Ils cherchaient de vieux clous, des liards et autres richesses semblables. Le travail n’était pas ragoûtant ; mais que voulez-vous ? Ils y trouvaient leur plaisir, et chacun prend le sien où il le trouve. " Oh ! la, la ! s’écria l’un d’eux en se piquant à l’aiguille. En voilà une gueuse !
- Je ne suis pas une gueuse ; je suis une demoiselle distinguée ", dit l’aiguille. Mais personne ne l’entendait. En attendant, la cire s’était détachée, et l’aiguille était redevenue noire des pieds à la tête ; mais le noir fait paraître la taille plus svelte, elle se croyait donc plus fine que jamais. "Voilà une coque d’oeuf qui arrive ", dirent les gamins ; et ils attachèrent l’aiguille à la coque. " A la bonne heure ! dit-elle ; maintenant je dois faire de l’effet, puisque je suis noire et que les murailles qui m’entourent sont toutes blanches. On m’aperçoit, au moins ! Pourvu que je n attrape pas le mal de mer ; cela me briserait. "
Elle n’eut pas le mal de mer et ne fut point brisée. " Quelle chance d’avoir un ventre d’acier quand on voyage sur mer ! C’est par là que je vaux mieux qu’un homme. Qui peut se flatter d’avoir un ventre pareil ? Plus on est fin, moins on est exposé. " Crac ! fit la coque. C’est une voiture de roulier qui passait sur elle. " Ciel ! Que je me sens oppressée ! dit l’aiguille ; je crois que j’ai le mal de mer : je suis toute brisée. "
Elle ne l’était pas, quoique la voiture eût passé sur elle. Elle gisait comme auparavant, étendue de tout son long dans le ruisseau. Qu’elle y reste !

mercredi 13 mai 2009

Frérot et soeurette

Frèrot prit sa soeurette par la main et lui déclara : "Depuis que notre mère est morte nous n’avons plus de bon temps ; notre marâtre nous frappe chaque jour, et lorsque nous nous approchons d’elle, elle nous chasse d’un coup de pied. Les dures miettes de pain qui nous sont laissées sont notre pitance, même le chien sous la table se porte mieux que nous : elle lui lance parfois quelques bons morceaux. Que Dieu nous prenne en pitié, si notre mère l’eût su ! Viens, partons à la découverte du vaste monde."

Quand vint le jour, ils allèrent par champs, prairies, carrières et lorsqu’il plut, soeurette déclara : "Dieu et nos coeurs pleurent ensemble !" Le soir, ils arrivèrent dans une grande forêt et étaient si fatigués de gemissements de faim et du long chemin, qu’ils s’assirent et s’endormirent dans le creux d’un arbre.
Le lendemain, lorsqu’ils s’éveillèrent, le soleil était déjà haut dans le ciel. Frèrot dit : "Soeurette, j’ai soif, si je connaissais une source, j’irais m’y désaltérer ; je veux dire, je pense que j’en entends une gargouiller." Frèrot se leva, prit la main de sa soeur et ils partirent à la recherche de la source. Mais la cruelle marâtre était une sorcière et avait bien vu que les deux enfants étaient partis et elle s’était faufilée à leurs trousses ainsi que les sorcières se faufilent et avait ensorcellé toutes les sources de la forêt.
Lorsqu’ils eurent trouvé la petite source, qui scintillait en frappant la roche, Frèrot voulut s’y désaltérer : mais soeurette perçut un murmure qui lui disait ; "Qui boit de mon eau, sera transformé en tigre, qui boit de mon eau sera transformé en tigre !" Soeurette cria alors ; "Je t’en prie Frèrot, ne boit pas sinon tu seras transformé en animal féroce et tu me pourrais me déchiqueter !" Frèrot ne se désaltéra point, bien qu’il eut une grande soif et déclara : "J’attendrai jusqu’à la prochaine source !" En arrivant à la seconde source, soeurette entendit aussi comment celle-ci parlait ; "Qui boit de mon eau, sera transformé en loup, qui boit de mon eau sera transformé en loup !" Alors Soeurette supplia ; "Frèrot, je t’en prie, ne bois pas, sinon tu seras transformé en loup et tu me mangerais !" Frèrot ne se désaltéra point, et déclara : "J’attendrai jusqu’à la prochaine source mais là je devrai boire, tu pourras dire ce que tu voudras, ma soif est trop grande !" Et lorsqu’ils arrivèrent à la troisième source, Soeurette entendit murmurer : "Qui boit de mon eau deviendra un chevreuil, qui boit de mon eau deviendra un chevreuil." Soeurette implora ; "Ah, Frèrot, je t’en prie, ne bois pas, sinon tu seras transformé en chevreuil et tu t’enfuieras !" Mais, Frèrot n’eut pas tôt fait de s’agenouiller, de se pencher et de boire à la source qu’il fut à la première goutte, transformé en chevreuil.
Soeurette fondit en larmes après la transformation de Frèrot tandis qu’en pleurant le chevreuil vint s’assoir tristement près d’elle. La fillette confia enfin ; "Calme, cher Chevreuil, jamais je ne te quitterai." Puis elle dénoua le ruban doré de ses soquettes et le lui mit autour de l’encolure, arracha quelques joncs les tressa pour en faire une cordelette qu’elle attacha à l’animal puis le guida plus profondément dans la forêt.
Lorsqu’ils eurent marché longuement, très longuement, ils parvinrent à une maisonnette, la fillette regarda à l’intérieur, et comme elle était vide, elle pensa : -"Ici, nous pourrons nous installer et habiter !" Puis elle alla ramasser de la mousse des feuille pour lui préparer une litière.
Chaque matin elle sortait et rapportait des racines des baies et des noisettes et pour le chevreuil, elle ramenait de l’herbe fraîche et grasse qu’il lui mangeait dans la main, c’était un plaisir et il jouait autour d’elle. Le soir, lorsque soeurette était fatiguée et après avoir dit ses prières, elle posait sa tête sur le dos du chevreuil, cela faisait comme un coussin sur lequel elle pouvait paisiblement s’endormir. Si seulement Frèrot avait eu une apparence humaine, ç’aurait été une vie magnifique.
Ils restèrent isolés très longtemps.
Lorsqu’il advint que le roi de ce pays entreprit une grande chasse dans la forêt. Les cors se mirent à retentir, les chiens à aboyer et les cris joyeux des chasseurs à se répandre. Le chevreuil les entendant ressentit l’envie d’en être aussi. "Hélas !" dit-il à soeurette, "laisse moi y aller aussi, je n’en puis point tenir" et la pria jusqu’à ce qu’elle s’y résolût. "Mais, lui dit-elle, revient à moi ce soir, car avec ces chasseurs sauvages, je m’enfermerai ; et pour que je puisse te reconnaître, frappe et dit : -"Chère soeurette, laisse moi entrer ; et si tu ne me répète pas cela ainsi, je n’ouvrirai pas la porte." Alors le chevreuil bondit et s’egaya joyeusement dans la nature. Le roi et ses chasseurs voyant le bel animal se mirent à sa poursuite, mais ne purent l’encercler, et lorsqu’ils pensèrent y être parvenus, il bondit et disparut dans les taillis et disparut. Lorsque la nuit fut venue, il s’en retourna à la maisonnette, et frappa à la porte en déclarant : "Chère Sœurette, laisse moi entrer !" Alors la porte s’ouvrit, et il s’engouffra à l’intérieur et se reposa toute la nuit sur une couche douillette. Au petit matin la chasse reprit et lorsque le chevreuil entendit le son du cor et les ho ho ! des chasseurs il ne tint plus en place et demanda : -"Chère Sœurette, ouvre moi, je dois sortir." La soœur ouvrit la porte et lui redit : -"Mais ce soir, tu devras de nouveau être là et prononcer la phrase convenue." Quand le roi et ses chasseurs virent le chevreuil et sa chaîne en or, ils se mirent à sa poursuite, mais il était trop preste et agile. Cela dura tout le jour, enfin le soir, les chasseurs le cernèrent et l’un d’eux le blessa légèrement à la patte. Il s’échappa en boîtant. Un des chasseurs réussit à le suivre jusqu’à la maisonnette et entendit comment il s’annonçait : -"Chère Sœurette, laisse moi entrer !" et vit commnent la porte s’ouvrait pour se refermer brusquement sur lui. Le chasseur ayant bien tout compris se rendit chez le roi et lui raconta ce qu’il avait vu et entendu. Le roi dit alors : -"Demain nous chasserons à nouveau !"
Mais Sœurette s’effraya lorsqu’elle vit que son frère était blessé. Elle essuya le sang et le pansa avec des herbes et lui dit : -"Vas sur ta couche, cher chevreuil, afin que tu guérisses vite." La blessure était si légère qu’au lendemain, le chevreuil ne ressentait plus rien. Et quand il entendit dehors la chasse reprendre, il déclara : -"Je ne peux plus tenir, il faut que j’y sois, et personne ne pourra m’avoir." Sœurette fondit en larmes et dit : -"Ils vont te tuer et je resterai, ici, seule dans la forêt, abandonnée du monde, je ne te laisserai pas sortir. -"Et je mourrai d’ennui" répondit le chevreuil, "quand j’entends le son du cor, je dois sauter dans mes bottes !" Alors Sœurette ne put rien n’y faire et referma la porte sur lui avec le cœur gros. Le chevreuil en pleine forme, bondit joyeusement vers la forêt.
Lorsque le roi l’aperçut, il ordonna à ses chasseurs : -"Poursuivez le tout le jour, jusqu’à la nuit, mais sans le blesser."
Quand le soleil eut disparu sous l’horizon, le roi demanda à son chasseur, -"Maintenant, montre moi la maisonnette dans le bois. Quand il fut devant la petite porte, il frappa et annonça : "Chère Sœurette, laisse moi entrer." La porte s’ouvrit alors et le roi entra, devant lui se tenait debout une jeune fille d’une beauté telle qu’il n’en avait jamais auparavant. La jeune fille était éffrayée lorsqu’elle vit que ce n’était pas le chevreuil mais un homme qui était entré, et qui portait une couronne d’or sur la tête.
Mais le roi était amical, elle lui tendit la main et proposa : -"Veux tu venir avec moi au château et devenir mon épouse ?" -"Oui, répondit la jeune fille, mais le chevreuil devra venir aussi, je ne veux pas le laisser." -"Il pourra rester près de toi, aussi longtemps que tu vivras et rien ne lui manquera." Là dessus, le chevreuil bondit dans la maison, Sœurette lui passa la laisse, et ensemble ils quittèrent la maisonnette...

Le roi prit la belle jeune fille sur son destrier et la mena en son château, où les noces furent fêtée en grandes pompes, elle était maintenant la Reine, et ils vécurent de longues années de plaisir ensemble ; le chevreuil était entretenu et soigné, il bondissait ici et là dans le parc du château...

samedi 18 avril 2009

La Plume et l'Encrier

Que de choses dans un encrier ! disait quelqu'un qui se trouvait chez un poète ; que de belles choses ! Quelle sera la première œuvre qui en sortira ? Un admirable ouvrage sans doute.
- C'est tout simplement admirable, répondit aussitôt la voix de l'encrier ; tout ce qu'il y a de plus admirable ! répéta-t-il, en prenant à témoin la plume et les autres objets placés sur le bureau. Que de choses en moi ... on a quelque peine à le concevoir ... Il est vrai que je l'ignore moi-même et que je serais fort embarrassé de dire ce qui en sort quand une plume vient de s'y plonger. Une seule de mes gouttes suffit pour une demi-page : que ne contient pas celle-ci ! C'est de moi que naissent toutes les œuvres du maître de céans. C'est dans moi qu'il puise ces considérations subtiles, ces héros aimables, ces paysages séduisants qui emplissent tant de livres. Je n'y comprends rien, et la nature me laisse absolument indifférent ; mais qu'importe : tout cela n'en a pas moins sa source en moi, et cela me suffit.
- Vous avez parfaitement raison de vous en contenter, répliqua la plume ; cela prouve que vous ne réfléchissez pas, car si vous aviez le don de la réflexion, vous comprendriez que votre rôle est tout différent de ce que vous le croyez. Vous fournissez la matière qui me sert à rendre visible ce qui vit en moi ; vous ne contenez que de l'encre, l'ami, pas autre chose. C'est moi, la plume, qui écris ; il n'est pas un homme qui le conteste et, cependant, beaucoup parmi les hommes s'entendent à la poésie autant qu'un vieil encrier.
- Vous avez le verbe bien haut pour une personne d'aussi peu d'expérience ; car, vous ne datez guère que d'une semaine, ma mie, et vous voici déjà dans un lamentable état. Vous imagineriez-vous par hasard que mes œuvres sont les vôtres ? Oh ! la belle histoire ! Plumes d'oie ou plumes d'acier, vous êtes toutes les mêmes et ne valez pas mieux les unes que les autres. A vous le soin machinal de reporter sur le papier ce que je renferme quand l'homme vient me consulter. Que m'empruntera-t-il la prochaine fois ? Je serais curieux de le savoir.
- Pataud ! conclut la plume. Cependant, le poète était dans une vive surexcitation d'esprit lorsqu'il rentra, le soir. Il avait assisté à un concert et subi le charme irrésistible d'un incomparable violoniste. Sous le jeu inspiré de l'artiste, l'instrument s'était animé et avait exhalé son âme en débordantes harmonies. Le poète avait cru entendre chanter son propre cœur, chanter avec une voix divine comme en ont parfois des femmes. On eût dit que tout vibrait dans ce violon, les cordes, la chanterelle, la caisse, pour arriver à une plus grande intensité d'expression. Bien que le jeu du virtuose fût d'une science extrême, l'exécution semblait n'être qu'un enfantillage : à peine voyait-on parfois l'archet effleurer les cordes ; c'était à donner à chacun l'envie d'en faire autant avec un violon qui paraissait chanter de lui-même, un archet qui semblait aller tout seul. L'artiste était oublié, lui, qui pourtant les faisait ce qu'ils étaient, en faisant passer en eux une parcelle de son génie. Mais le poète se souvenait et s'asseyant à sa table, il prit sa plume pour écrire ce que lui dictaient ses impressions.
« Combien ce serait folie à l'archet et au violon de s'enorgueillir de leurs mérites ! Et cependant nous l'avons cette folie, nous autres poètes, artistes, inventeurs ou savants. Nous chantons nos louanges, nous sommes fiers de nos œuvres, et nous oublions que nous sommes des instruments dont joue le Créateur. Honneur à lui seul ! Nous n'avons rien dont nous puissions nous enorgueillir.»
Sur ce thème, le poète développa une parabole, qu'il intitula l'Ouvrier et les instruments.
- A bon entendeur, salut ! mon cher, dit la plume à l'encrier, après le départ du maître. Vous avez bien compris ce que j'ai écrit et ce qu'il vient de relire tout haut ?
- Naturellement, puisque c'est chez moi que vous êtes venue le chercher, la belle. Je vous conseille de faire votre profit de la leçon, car vous ne péchez pas, d'ordinaire, par excès de modestie. Mais vous n'avez pas même senti qu'on s'amusait à vos dépens !
- Vieille cruche ! répliqua la plume.
- Vieux balai ! riposta l'encrier. Et chacun d'eux resta convaincu d'avoir réduit son adversaire au silence par des raisons écrasantes. Avec une conviction semblable, on a la conscience tranquille et l'on dort bien ; aussi s'endormirent-ils tous deux du sommeil du juste.
Cependant, le poète ne dormait pas, lui ; les idées se pressaient dans sa tête comme les notes sous l'archet du violoniste, tantôt fraîches et cristallines comme les perles égrenées par les cascades, tantôt impétueuses comme les rafales de la tempête dans la forêt. Il vibrait tout entier sous la main du Maître Suprême. Honneur à lui seul !

La légende de Sesostris

Pendant la basse Antiquité, les prêtres égyptiens aimaient à raconter à leurs visiteurs grecs ou romains les fabuleux exploits du pharaon Sesostris. Ses conquêtes, était-il raconté, allaient des profondeurs de l'Afrique au Proche-Orient, voire jusqu'en Scythie (le sud-ouest de l'actuelle Russie), et nul autre conquérant ultérieur, pas même Darius Ier de Perse, ne put les reprendre.
Cette image de Sesostris est manifestement un amalgame de plusieurs pharaons guerriers de l'histoire égyptienne.En dernière analyse cependant, elle remonte au trois pharaons de la XIIe dynastie nommés en égyptien Senouosret. Les affaires étrangères occupèrent une bonne part de leur règne. Sesostris Ier repoussa les frontières sud de l'Egypte et lança des incursions contre les Lybiens. Sesostris II développa les échanges commerciaux avec la Nubie et les Etats d'Asie occidentale. Sesostris III fit personnelement campagne en Asie. Depuis le cordon de forts commencé par ses prédécesseurs sur la frontière méridionale et achevé par lui, il se livra à de nombreuses avancées en Nubie. Apparemment, il obtint assez de succès au cours de ces expéditions pour se gagner durablement, dans le Sud, la réputation d'un dieu.
Déjà déifié à la fin du Moyen Empire, Sesostris III recevait encore un culte de la part de ses grands successeurs, les grands pharaons guerriers des XVIIIe et XIXe dynasties, y comprit Touthmosis III et Ramsès II (dont les hauts faits contribuèrent de plus belle à la légende de Sesostris). Le récit vivant et personnel que Senouosret III a fait de ses exploits survit sur une tablette de pierre, spécialement commandée par le roi pour les immortaliser.

Lila la petite étoile filante

Il était une fois Lila, petite étoile filante, rieuse et coquine, joyeuse et lumineuse; son papa, Milano, astre costaud et sa maman, Thésa, poussière d’étoiles, étaient vraiment très fiers de leur petite STAR.

Aujourd’hui, c’était l’anniversaire de Lila ; elle avait 45000 millions d’années et elle était enfin majeure ! Papa et maman avaient donc décidé de lui offrir un joli cadeau, un cadeau spécial.
La famille de Lila, depuis la nuit des temps, avait pour mission de faire plaisir aux « gens d’en bas », les terriens, ces curieux humains capables du meilleur comme du pire ! Ces hommes et ces femmes étaient parfois tellement surprenants, amusants souvent, mais surtout très attachants ! Lila et sa famille aimaient beaucoup les regarder vivre et se plaisaient à remplir fidèlement leur mission en leur offrant moult présents ! De jolis rêves, de belles pensées, un cœur léger, des sourires et des rires … tout plein de petits bonheurs quotidiens illuminant les visages des terriens.
C’était désormais au tour de Lila de perpétuer la tradition en se consacrant aux enfants ! « Ta mission, explique maman, est de récompenser les gentils enfants en leur permettant d’exaucer leur vœu le plus cher » ! « Jolie mission » pensa Lila ! « Tous les jours, tu observeras les enfants du monde entier, et tu choisiras l’enfant le plus gentil de la journée. Attention, il faudra rester juste et impartiale » lui conseilla maman ! « Tu exauceras le vœu du petit garçon ou de la petite fille que tu auras choisi et, à son réveil, le rêve de l’enfant sera réalisé. » ajouta papa.
Lila était aux anges ! Ses parents lui avaient confié une mission de taille ! Jusqu’à présent, c’était Tatie Maya qui s’occupait de tout cela ! Et aujourd’hui, c’était elle qui reprenait le flambeau ! « Tu commenceras dès demain ! » dit papa ! « Mais rassure-toi, Tatie Maya t’aidera dans les premiers jours et te montrera comment faire ! »
Lila était bien consciente de la difficulté de sa tâche car des enfants gentils, il devait y en avoir beaucoup, tous les jours, et dans tous les pays ! Elle savait déjà qu’elle devrait être très attentive et observer minutieusement tous les enfants du monde. Le lendemain, Tatie Maya et Lila se mirent donc au travail ! Heure après heure, elles observèrent les enfants, de toutes les couleurs, de toutes les tailles, de toutes les religions, sans distinction aucune. Lila avait toujours pensé qu’un enfant restait toujours un enfant, d’où qu’il venait.
Le choix de Lila se porta sur Timothée, petit garçon irlandais aux cheveux tout roux ; sa frimousse était parsemée de tâches de son et ses grands yeux verts brillaient de malice. Timothée avait 8 ans et aujourd’hui, il avait soigné sa maman malade ; il lui avait préparé un peu de soupe pour l’aider à reprendre des forces, lui avait joué un petit air de violon pour la consoler car il savait que sa maman adorait la musique, et lui avait remonté ses couvertures pour qu’elle n’ait pas froid. Un vrai petit homme. Lila avait été touchée par ce petit garçon qui avait veillé avec beaucoup de soin sur sa maman.
Ce soir, lorsque Timothée s’endormira, Lila déposera au pied de son lit la bicyclette rouge dont rêvait le petit …
Lila sentit son cœur se serrer ; elle était émue ... Comment de si petits êtres pouvaient être aussi forts, aussi courageux ? Décidément, ces humains étaient fort étonnants ! Elle adorait sa mission, ce rôle si agréable qu’on lui avait confié et elle avait déjà bien hâte d’être à demain pour combler le cœur d’un nouvel enfant.
Fatiguée de cette première journée pleine d’émotions, Lila se mit au lit ; elle s’allongea sur son petit nuage de coton tout moelleux, se cala contre son doudou, Atmosphère, tapota son oreiller et s’endormit paisiblement, heureuse d’avoir rempli de bonheur le cœur d’un petit.
« Fais de jolis rêves Lila et à demain » … lui susurra le vent.
La morale de cette comptine, vous l’aurez compris, c’est que ce monde serait bien triste sans enfant. Leurs sourires n’ont pas de prix … Protégeons-les.

mardi 7 avril 2009

La jeune fille sans mains

Une dame avait une fille si belle, que les passants, quand ils l’apercevaient, s’arrêtaient tout court pour la regarder.
Mais la mère avait elle-même des prétentions à la beauté et elle était jalouse de sa fille. Elle lui défendit de se montrer jamais en public ; cependant on l’apercevait quelquefois, on parlait toujours de sa beauté ; elle résolut de la faire disparaître tout à fait.
Elle fit venir deux individus auxquels elle croyait pouvoir se fier et elle leur dit :
- Je vous promets beaucoup d’argent et le secret, si vous faites ce que je vous dirai. L’argent, le voilà tout prêt. Il sera à vous quand vous aurez accompli mes ordres. Acceptez-vous ?
La somme était considérable. Ceux à qui elle s’adressait étaient pauvres ; ils acceptèrent.
- Vous jurez de faire tout ce que je vous dirai ?
- Nous le jurons.
- Vous emmènerez ma fille ; vous la conduirez dans une forêt loin d’ici et là vous la tuerez. Pour preuve que vous aurez accompli mes ordres, vous m’apporterez, non pas seulement son coeur, car vous pourriez me tromper, mais aussi ses deux mains.
Les hommes se récrièrent.
- Vous avez promis, leur dit-elle, vous ne pouvez plus vous dédire. De plus, vous savez la récompense qui vous est réservée. Je vous attends dans huit jours.
Les voilà donc partis avec la jeune fille. On lui dit qu’il s’agissait de faire un petit voyage dans l’intérêt de sa santé. Elle fut bien un peu étonnée du choix de ses deux compagnons de voyage, mais le plaisir de voir du nouveau lui fit oublier cette circonstance. Elle les suivit donc sans inquiétude.
Quant à eux, ils ne laissaient pas d’être troublés. La jeune fille s’était toujours montrée bonne pour eux ; elle leur avait rendu divers petits services ; il était bien pénible d’avoir à lui ôter la vie.
On chevauche, on chevauche dans les bois. On arrive enfin à un endroit bien désert. Les hommes s’arrêtent et font connaître à la jeune fille l’ordre de sa mère.
- Est-ce que vous aurez la cruauté de me tuer ? leur demanda-t-elle.
- Nous n’en avons pas le courage ; mais comment faire ? Nous avons juré de rapporter à votre mère votre coeur et vos mains. Le coeur, ce ne serait rien ; celui des bêtes ressemble à celui des hommes ; mais vos mains, nous ne pouvons tromper votre mère là-dessus.
- Eh bien ! coupez-moi les mains et laissez-moi la vie.
On tue un chien, on lui enlève le coeur ; cela suffira. Quant aux mains, il faut bien se résoudre à les lui couper.
On se procure d’abord de cette herbe qui arrête le sang ; puis, l’opération faite, on bande les deux plaies avec la chemise de la jeune fille ; on emporte les mains et on abandonne la malheureuse victime dans le bois, après lui avoir fait promettre de ne jamais revenir dans le pays de sa mère.
La voilà donc toute seule dans la forêt. Comment se nourrir sans mains pour ramasser les objets, pour les porter à sa bouche ? Elle se nourrit de fruits, qu’elle mordille comme elle peut ; mais les fruits sauvages ne sont guère nourrissants. Elle entre dans le jardin d’un château et là elle mordille les fruits qu’elle peut atteindre, mais n’ose se montrer à personne.
On remarque ces fruits mordillés. Presque tous ceux d’un poirier y ont déjà passé. On se demande qui a pu faire cela ; un oiseau peut-être, mais encore quel oiseau ?
On fait le guet. Aucun gros oiseau ne se montre ; mais on aperçoit une jeune fille qui, ne se croyant pas observée, grimpe dans les arbres fruitiers. On la suit des yeux pour voir ce qu’elle fera. On la surprend mordillant les fruits.
- Que faites-vous là, mademoiselle ?
- Plaignez-moi, répond-elle en montrant ses deux bras privés de mains, plaignez-moi et pardonnez-moi.
Celui qui l’avait surprise était le fils de la maîtresse du château. La mutilation qu’on avait fait subir à la jeune fille n’avait pas altéré sa beauté, la souffrance lui avait même donné quelque chose de plus séduisant.
- Venez avec moi, lui dit-il, et il l’introduisit secrètement dans la maison. Il la conduisit dans une petite chambre et l’engagea à se coucher ; puis il alla trouver sa mère.
- Eh bien ! tu as été à la chasse, lui dit-elle ; as-tu attrapé des oiseaux ?
- Oui, j’en ai attrapé un, et un très beau. Faites mettre un couvert de plus ; mon oiseau dînera à table.
Il fit ce qu’il avait dit ; il amena la jeune fille à ses parents. Grand fut l’étonnement quand on la vit sans mains.
On lui demanda la cause de cette mutilation.
Elle répondit de manière à ne compromettre personne : elle ne se croyait pas encore assez loin pour que sa mère ne pût apprendre de ses nouvelles ; elle savait que dans ce cas ceux qui l’avaient épargnée seraient traités sans pitié, et elle supplia ceux qui l’interrogeaient de lui permettre de rester cachée.
Mais cela ne faisait pas l’affaire du jeune homme, qui s’était épris d’elle et désirait l’épouser. Sa mère combattit cette idée ; elle ne voulait pas d’une belle-fille sans mains, d’une bru qui lui donnerait peut-être des petits-enfants sans mains comme elle ! Le fils insista, et il insista tellement que sa mère lui dit :
- Épouse-la si tu veux, mais c’est bien contre mon gré.
Le mariage fut célébré ; les époux furent heureux, très heureux, mais ce bonheur ne dura pas longtemps. Bientôt après le mari fut obligé de partir pour la guerre. Ce fut avec de vifs regrets qu’il se sépara de son épouse, et il recommanda qu’on lui envoyât souvent de ses nouvelles.
Quelques mois après un serviteur vint lui apprendre que sa femme lui avait donné deux beaux garçons ; mais il l’engagea à revenir au plus tôt, parce que sa famille était mécontente qu’il eût épousé une femme sans mains.
Revenir, il ne le pouvait pas ; mais il écrivit à sa femme une lettre des plus aimables et une autre à sa mère, où il lui recommandait d’avoir bien soin de sa femme bien-aimée.
Mais, loin d’en avoir soin, on cherchait à s’en débarrasser. On écrivit au jeune marié que sa femme était accouchée de deux monstres. On s’empara des lettres qu’il avait écrites à sa femme et on en substitua d’autres dans lesquelles on lui faisait prononcer des accusations abominables contre elle et dire qu’il fallait qu’elle fût bien coupable, puisque Dieu, au lieu d’enfants, lui avait envoyé deux monstres. On finit par persuader à la jeune femme, à force de lui répéter, qu’après ces lettres il serait imprudent à elle d’attendre le retour de son mari, qui serait capable de la tuer, et que le meilleur pour elle c’était de s’en aller.
Elle se laisse persuader ; on lui donne quelque argent ; elle s’habille en paysanne et la voilà partie avec ses deux enfants dans un bissac, l’un en avant, l’autre en arrière ; mais sa mutilation la rendait maladroite ; en se penchant pour puiser de l’eau dans une fontaine, elle y laissa tomber un de ses enfants. Comment le retirer, puisqu’elle n’avait pas de mains ?
Elle adressa à Dieu une courte mais fervente prière, puis elle enfonça ses deux bras, ses deux moignons, dans la fontaine pour tâcher de rattraper l’enfant. Elle le rattrapa, en effet, et, en lui ôtant ses habits mouillés, elle s’aperçut que ses deux mains avaient repoussé ; Dieu avait entendu la prière de son amour maternel et lui avait rendu les membres qu’elle avait perdus.
Elle put dès lors travailler de ses mains et gagner la vie de ses deux enfants. Elle vécut ainsi douze longues années.
Quand son mari revint de la guerre, sa première parole fut pour elle.
Sa mère fut tellement furieuse de voir que, malgré tout ce qu’on lui avait dit contre sa femme, il l’aimait encore, qu’elle faillit se jeter sur lui pour le battre.
Il la laissa dire et demanda qu’on lui rendit sa femme. Le fait est que personne ne savait ce qu’elle était devenue. Il pensa qu’elle ne devait pas être morte cependant, et il se mit en voyage, décidé à la retrouver en quelque endroit qu’elle se fût retirée.
Il s’adressait à tout le monde pour avoir des renseignements. Il rencontra un jour un petit garçon, éveillé et intelligent, qui l’intéressa ; il lui demanda quelle était sa maman. L’enfant répond que sa maman a été longtemps sans mains ; qu’il a un frère du même âge que lui et, apercevant son frère, il l’appelle.
- Viens, lui dit-il, voici quelqu’un qui s’intéresse à nous et à notre mère.
Le second enfant était aussi aimable et aussi intelligent que le premier. Le voyageur les interroge sur leur vie passée. Tous les renseignements coïncident, il ne doute pas qu’il n’ait retrouvé sa famille.
- Et votre mère, mes enfants, où est-elle ? Allez me la chercher bien vite.
La mère, qui était à un étage supérieur, s’empresse de descendre. Il la reconnaît tout de suite, malgré ses douze années de séparation. On s’explique, on s’embrasse, on retourne au pays, on se réinstalle au château. Réconciliation générale.
Pas pour tous, cependant. La méchante mère, qui avait froidement ordonné de mettre sa fille à mort, fut enfermée dans un souterrain et dévorée par les bêtes.

jeudi 2 avril 2009

Casper


Casper le gentil fantôme (Casper the Friendly Ghost) est un personnage de fiction imaginé par Joe Oriolo pour les dessins animés pour enfants de la Paramount.

Casper est le fantôme d'un petit garçon qui ne prend aucun plaisir à faire peur aux gens. Il est bien souvent triste car il n'arrive pas à se faire des amis, en effet tous ceux qu'il rencontre ont peur et fuient en le voyant. Il arrivera finalement à se faire des amis de deux jeunes enfants.

Histoire: Furieuse d'avoir hérité d'une vieille masure plutôt que de l'argent qu'elle espérait, Carrigan Crittenden se ravise lorsqu'elle découvre une carte indiquant l'existence d'un trésor caché dans la maison. Mais celle-ci s'avère hantée par de nombreux fantômes. Rebroussant chemin, elle engage James Harvey, un parapsychologue, afin de se débarrasser des fantômes. Celui-ci s'installe dans la demeure avec sa fille Kat qui fait bientôt la connaissance de Casper, "le plus gentil des fantômes" selon lui. En tout cas, plus gentil que les fantômes de ses 3 oncles ...

http://www.youtube.com/watch?v=yAMo6qvYIbo

lundi 30 mars 2009

Chacun et chaque chose à sa place


C'était il y a plus de cent ans.

Il y avait derrière la forêt, près du grand lac, un vieux manoir entouré d'un fossé profond où croissaient des joncs et des roseaux. Tout près du pont qui conduisait à la porte cochère, il y avait un vieux saule qui penchait ses branches au-dessus du fossé.Dans le ravin retentirent ssoudain le son du cor et le galop des chevaux. La petite gardeuse d'oies se dépêcha de ranger ses oies et de laisser le pont libre à la chasse qui arrivait à toute bride. Ils allaient si vite, que la fillette dut rapidement sauter sur une des bornes du pont pour ne pas être renversée. C'était encore une enfant délicate et mince, mais avec une douce expression de visage et deux yeux clairs ravissants.
Le seigneur ne vit pas cela ; dans sa course rapide, il faisait tournoyer la cravache qu'il tenait à la main. Il se donna le brutal plaisir de lui en donner en pleine poitrine un coup qui la renversa.
- Chacun à sa place ! cria-t-il.

Puis il rit de son action comme d'une chose fort amusante, et les autres rirent également. Toute la société menait un grand vacarme, les chiens aboyaient et on entendait des bribes d'une vieille chanson : De beaux oiseaux viennent avec le vent ! La pauvre gardeuse d'oies versa des larmes en tombant ; elle saisit de la main une des branches pendantes du saule et se tint ainsi suspendue au- dessus du fossé.

Quand la chasse fut passée, elle travailla à sortir de là, mais la branche se rompit et la gardeuse d'oies allait tomber à la renverse dans les roseaux, quand une main robuste la saisit. C'était un cordonnier ambulant qui l'avait aperçue de loin et s'était empressé de venir à son secours.
- Chacun à sa place ! dit-il ironiquement, après le seigneur, en la déposant sur le chemin. Il remit alors la branche cassée à sa place.
«A sa place », c'est trop dire. Plus exactement il la planta dans la terre meuble.
- Pousse si tu peux, lui dit-il, et fournis-leur une bonne flûte aux gens de là haut !

Puis il entra dans le château, mais non dans la grande salle, car il était trop peu de chose pour cela. Il se mêla aux gens de service qui regardèrent ses marchandises et en achetèrent. A l'étage au-dessus, à la table d'honneur, on entendait un vacarme qui devait être du chant, mais les convives ne pouvaient faire mieux. C'étaient des cris et des aboiements ; on faisait ripaille. Le vin et la bière coulaient dans les verres et dans les pots ; les chiens de chasse étaient aussi dans la salle. Un jeune homme les embrassa l'un après l'autre, après avoir essuyé la bave de leurs lèvres avec leurs longues oreilles. On fit monter le cordonnier avec ses marchandises, mais seulement pour s'amuser un peu de lui. Le vin avait tourné les têtes.
On offrit au malheureux de boire du vin dans un bas.
- Presse-toi! lui cria-t-on. C'était si drôle qu'on éclata de rire !
Puis ce fut le tour des cartes ; troupeaux entiers, fermes, terres étaient mis en jeu.
- Chacun à sa place ! s'écria le cordonnier, quand il fut sorti de cette Sodome et de cette Gomorrhe, selon ses propres termes. Le grand chemin, voilà ma vraie place. Là-haut je n'étais pas dans mon assiette.

Et la petite gardeuse d'oies lui faisait du sentier un signe d'approbation. Des jours passèrent et des semaines. La branche cassée que le cordonnier avait planté ça sur le bord du fossé était fraîche et verte, et à son tour produisait de nouvelles pousses. La petite gardeuse d'oies s'aperçut qu'elle avait pris racine ; elle s'en réjouit extrêmement, car c'était son arbre, lui semblait-il. Mais si la branche poussait bien, au château, en revanche, tout allait de mal en pis, à cause du jeu et des festins : ce sont là deux mauvais bateaux sur lesquels il ne vaut rien de s'embarquer. Dix ans ne s'étaient point écoulés que le seigneur dut quitter le château pour aller mendier avec un bâton et une besace.

La propriété fut achetée par un riche cordonnier, celui justement que l'on avait raillé et bafoué et à qui on avait offert du vin dans un bas. La probité et l'activité sont de bons auxiliaires ; du cordonnier, ils firent le maître du château. Mais à partir de ce moment, on n'y joua plus aux cartes.
- C'est une mauvaise invention, disait le maître. Elle date du jour où le diable vit la Bible. Il voulut faire quelque chose de semblable et inventa le jeu de cartes. Le nouveau maître se maria ; et avec qui ? Avec la petite gardeuse d'oies qui était toujours demeurée gentille, humble et bonne. Dans ses nouveaux habits, elle paraissait aussi élégante que si elle était née de haute condition. Comment tout cela arriva-t-il ? Ah ! c'est un peu trop long à raconter ; mais cela eut lieu et, encore, le plus important nous reste à dire. On menait une vie très agréable au vieux manoir. La mère s'occupait elle-même du ménage ; le père prenait sur lui toutes les affaires du dehors. C'était une vraie bénédiction; car, là où il y a déjà du bien-être, tout changement ne fait qu'en apporter un peu plus.
Le vieux château fut nettoyé et repeint; on cura les fossés, on planta des arbres fruitiers. Tout prit une mine attrayante. Le plancher lui-même était brillant comme du cuivre poli. Pendant les longs soirs d'hiver, la maîtresse de la maison restait assise dans la grande salle avec toutes ses servantes, et elle filait de la laine et du lin.

Chaque dimanche soir, on lisait tout haut un passage de la Bible. C'était le conseiller de justice qui lisait, et le conseiller n'était autre que le cordonnier colporteur, élu à cette dignité sur ses vieux jours.

Les enfants grandissaient, car il leur était né des enfants; s'ils n'avaient pas tous des dispositions remarquables, comme cela arrive dans chaque famille, du moins tous avaient reçu une excellente éducation. Le saule, lui, était devenu un arbre magnifique qui grandissait libre et non taillé.
- C'est notre arbre généalogique ! disaient les vieux maîtres; il faut l'honorer et le vénérer, enfants.

Et même les moins bien doués comprenaient un tel conseil. Cent années passèrent. C'était de nos jours. Le lac était devenu un marécage; le vieux château était en ruines. On ne voyait là qu'un petit abreuvoir ovale et un coin des fondations à côté; c'était ce qui restait des profonds fossés de jadis. Il y avait là aussi un vieil et bel arbre qui laissait tomber ses branches. C'était l'arbre généalogique. On sait combien un saule est superbe quand on le laisse croître à sa guise. Il était bien rongé au milieu du tronc, de la racine jusqu'au faîte ; les orages l'avaient bien un peu abîmé, mais il tenait toujours, et dans les fentes où le vent avait apporté de la terre, poussaient du gazon et des fleurs. Tout en haut du tronc, là où les grandes branches prenaient naissance, il y avait tout un petit jardin avec des framboisiers et des aubépines. Un petit arbousier même avait poussé, mince et élancé, sur le vieil arbre qui se reflétait dans l'eau noire de l'abreuvoir. Un petit sentier abandonné traversait la cour tout près de là.

Le nouveau manoir était sur le haut de la colline, près de la forêt. On avait de là une vue superbe. La demeure était grande et magnifique, avec des vitres si claires qu'on pouvait croire qu'il n'y en avait pas. Rien n'était en discordance.
«Tout à sa place ! » était toujours le mot d'ordre.
C'est pourquoi tous les tableaux qui, jadis, avaient eu la place d'honneur dans le vieux manoir étaient suspendus maintenant dans un corridor. N'étaient-ce pas des «croûtes», à commencer par deux vieux portraits représentant, l'un, un homme en habit rouge, coiffé d'une perruque, l'autre, une dame poudrée, les cheveux relevés, une rose à la main ? Une grande couronne de feuilles de saule les entourait. Il y avait de grands trous ronds dans la toile; ils avaient été faits par les jeunes barons qui, tirant à la carabine, prenaient pour cible les deux pauvres vieux, le conseiller de justice et sa femme, les deux ancêtres de la maison. Le fils du pasteur était précepteur au château.

Il mena un jour les petits barons et leur sœur aînée, qui venait d'être confirmée, par le petit sentier qui conduisait au vieux saule. Quand on fut au pied de l'arbre, le plus jeune des barons voulut se tailler une flûte comme il l'avait déjà fait avec d'autres saules, et le précepteur arracha une branche.
- Oh! ne faites pas cela! s'écria, mais trop tard, la petite fille. C'est notre illustre vieux saule! Je l'aime tant! On se moque de moi pour cela, à la maison, mais cela m'est égal. Il y a une légende sur le vieil arbre ...

Elle conta alors tout ce que nous venons de dire au sujet de l'arbre, du vieux château, de la gardeuse d'oies et du colporteur dont la famille illustre et la jeune baronne elle-même descendaient. Ces braves gens ne voulaient pas se laisser anoblir, dit- elle.
«Chacun et chaque chose à sa place» était leur devise. L'argent ne leur semblait pas un titre suffisant pour qu'on les élevât au-dessus de leur rang. Ce fut leur fils, mon grand-père, qui devint baron. Il avait de grandes connaissances et était très considéré et très aimé du prince et de la princesse qui l'invitaient à toutes leurs fêtes. C'était lui que la famille révérait le plus, mais je ne sais pourquoi, il y a en moi quelque chose qui m'attire surtout vers les deux ancêtres. Ils devaient être si affables, dans leur vieux château où la maîtresse de la maison filait assise au milieu de ses servantes et où le maître lisait la Bible tout haut.
Le précepteur prit la parole:
- Il est à la mode dit-il, chez nombre de poètes, de dénigrer les nobles, en disant que c'est chez les pauvres, et, de plus en plus, à mesure qu'on descend dans la société, que brille la vraie noblesse. Ce n'est pas mon avis; c'est chez les plus nobles qu'on trouve les plus nobles traits. Ma mère m'en a conté un, et je pourrais en ajouter plusieurs. Elle faisait visite dans une des premières maisons de la ville où ma grand-mère avait, je crois, été gouvernante de la maîtresse de la maison. Elle causait dans le salon avec le vieux maître, un homme de la plus haute noblesse. Il aperçut dans la cour une vieille femme qui venait, appuyée sur des béquilles.

Chaque semaine, on lui donnait quelques shillings.
- La pauvre vieille! Elle a bien du mal à marcher! dit-il.
« Et, avant que ma mère s'en fût rendu compte, il était en bas, à la porte; ainsi lui, le vieux seigneur octogénaire, sortait pour épargner quelques pas à la vieille et lui remettre ses shillings. Ce n'est qu'un simple trait; mais, comme l'aumône de la veuve, il va droit au cœur et le fait vibrer. C'est ce but que devraient poursuivre les poètes de notre temps; pourquoi ne chantent-ils pas ce qui est bon et doux, ce qui réconcilie ?»
Mais il est vrai qu'il y a un autre genre de nobles.
- Cela sent la roture, ici ! disent-ils aux bourgeois.
«Ces nobles-là, oui, ce sont de faux nobles, et l'on ne peut qu'applaudir à ceux qui les raillent dans leurs satires. »

Ainsi parla le précepteur. C'était un peu long, mais aussi, l'enfant avait eu le temps de tailler sa flûte. Il y avait grande réunion au château: hôtes venus de la capitale ou des environs, dames vêtues avec goût ou sans goût. La grande salle était pleine d'invités. Le fils du pasteur se tenait modestement dans un coin. On allait donner un grand concert. Le petit baron avait apporté sa flûte de saule, mais il ne savait pas souffler dedans, ni son père non plus. Il y eut de la musique et du chant. S'y intéressèrent surtout ceux qui exécutèrent. C'était bien assez, du reste.
- Mais vous êtes aussi un virtuose! dit au précepteur un des invités. Vous jouez de la flûte. Vous nous jouerez bien quelque chose ?

En même temps, il tendit au précepteur la petite flûte taillée près de l'abreuvoir. Puis il annonça très haut et très distinctement que le précepteur du château allait exécuter un morceau sur la flûte. Le précepteur, comprenant qu'on allait se moquer de lui, ne voulait pas jouer, bien qu'il sût. Mais on le pressa, on le força, et il finit par prendre la flûte et la porter à sa bouche.Le merveilleux instrument ! Il émit un son strident comme celui d'une locomotive; on l'entendit dans tout le château, et par-delà la forêt.

En même temps s'élevait une tempête de vent qui sifflait :

- Chacun à sa place! Le maître de la maison, comme enlevé par le vent, fut transporté à l'étable. Le bouvier fut emmené, non dans la grande salle, mais à l'office, au milieu des laquais en livrée d'argent. Ces messieurs furent scandalisés de voir cet intrus s'asseoir à leur table ! Dans la grande salle, la petite baronne s'envola à la place d'honneur, où elle était digne de s'asseoir. Le fils du pasteur prit place près d'elle ; tous deux semblaient être deux mariés. Un vieux comte, de la plus ancienne noblesse du pays, fut maintenu à sa place, car la flûte était juste, comme on doit l'être. L'aimable cavalier à qui l'on devait ce jeu de flûte, celui qui était fils de son père, alla droit au poulailler. La terrible flûte!

Mais, fort heureusement, elle se brisa, et c'en fut fini du: «Chacun à sa place! »

Le jour suivant, on ne parlait plus de tout ce dérangement. Il ne resta qu'une expression proverbiale: «ramasser la flûte » . Tout était rentré dans l'ancien ordre. Seuls, les deux portraits de la gardeuse d'oies et du colporteur pendaient maintenant dans la grande salle, où le vent les avait emportés. Un connaisseur ayant dit qu'ils étaient peints de main de maître, on les restaura. «Chacun et chaque chose à sa place !»

On y vient toujours. L'éternité est longue, plus longue que cette histoire.

mercredi 25 mars 2009

Prométhée et Pandore

Bien que Prométhée ne se soit pas opposé à Zeus comme les autres Titans, il n'admettait pas la défaite de sa race et cherchait à se venger en favorisant les hommes qui, traités à l'origine en égaux, à l'époque de Cronos, étaient maintenant considérés comme inférieurs aux dieux.
Furieux de la protection accordée par Prométhée à la nouvelle race, Zeus se vengea en privant de feu les humains qui furent obligés de vivre sans chaleur et sans lumière. Prométhée vint à leur aide, déroba une flamme à la forge du dieu Héphaïstos et la cacha dans la tige d'une férule.
Zeus demanda à Héphaïstos de façonner Pandore, la première femme, avec de la terre. Athéna et les autres déesses lui offrirent la beauté, l'élégance et le charme, et Hermès lui apprit la duperie, puis elle fut envoyée auprès d'Epiméthée, le frère de Prométhée avec une jarre ("la Boîte de Pandore") en cadeau.

Là, elle ouvrit la boîte dont s'échappèrent les maux et les maladies. Seule l'Espérance resta au fond.
Ayant ainsi puni les hommes, Zeus se tourna vers Prométhée et envoya un aigle lui dévorer le foie, celui-ci ,repoussait et son supplice recommençait. Le martyre de Prométhée dura des milliers d'années jusqu'à ce qu'Héraclès vienne le délivrer.


Les mythes de Prométhée et Pandore avaient fonction d'expliquer les épreuves qui assaillent l'humanité. L'histoire de Pandore, créée après l'homme et cause de nombreux maux, justifiait aux yeux des Grecs l'infériorité sociale de la femme.

Christou

Il était une fois.... un petit garçon qui s'appelait Christou.
Il avait tout juste 8 ans et aurait pu être très mignon s'il n'avait eu ce sacré défaut d'être très paresseux. Il n'aidait jamais sa maman, ne rangeait pas les jouets qu'il répandait partout dans sa chambre. Il ne voulait pas non plus travailler à l'école, l'école qu'il détestait par dessus tout. Bref, il ne voulait jamais rien faire. Sa maman et son papa se désespéraient d'avoir un petit garçon aussi peu courageux. Un petit garçon qui ne faisait rien de ses dix doigts.
Justement ses dix doigts, parlons-en !
Une nuit, alors que le petit Christou dormait, la fée bleue (celle qui avait allongé le nez de Pinochio la petite marionnette qui avait menti), eh bien la fée bleue, était venue au chevet du garçonnet et avait levé par trois fois sa baguette magique d'où jaillissaient des étoiles multicolores. Et, en même temps qu'elle faisait tournoyer sa baguette, elle prononça quelques paroles incompréhensibles pour nous les humains. Des paroles de fée.
Le lendemain matin, quand le petit garçon se réveilla, il fut surpris de voir que les doigts de ses deux mains ouvertes restaient écartés.Il avait beau tenter de les plier, de refermer ses mains, IMPOSSIBLE.......Rien à faire il n'y arrivait pas !
Sur que cette anomalie était inquiétante et le petit Christou se mit à pleurer très fort.
Pourtant, le plus dur restait à venir. Quand Christou se mit à table pour prendre son petit déjeuner, impossible pour lui de prendre sa tartine. Essaies donc de prendre quelque chose en tenant tes mains grandes ouvertes et les doigt bien écartés. Pas facile hein !
Eh bien c'était pareil pour Christou. S'il a pu avaler quelques bouchées au petit déjeuner, le midi et le soir, c'est parceque sa maman lui donnait à manger comme à un petit bébé.
Pas drôle tout ça !
Aujourd'hui il n'irait pas à l'école ! Forcément il serait bien incapable d'ouvrir un livre, prendre un cahier ou tenir un crayon. Ne pas aller à l'école l'aurait bien arrangé hier, mais là ce n'était pas drôle, surtout qu'il ne pouvait même pas jouer à la maison car saisir un jouet lui était interdit. Durant deux jours sa maman cru que ce qui arrivait à son petit garçon ne durerait pas, que ses mains finiraient par refonctionner comme avant. Mais rien ! Rien du tout ! Les doigts du petit garçon refusaient de se plier et demeuraient raides comme des bouts de bois.
On appela le docteur. Ce dernier, après une longue observation des mains du garçonnet, se déclara incompétent. Je ne puis guérir une telle maladie ! déclara t-il. La maladie des doigt écartés, vous pensez, personne ne connait !
Si le docteur lui même ne parvenait pas à guérir Christou, qui donc pourrait le faire ? Christou lui même ? Et pourquoi pas ?
Après quatre jours d'inquiétude et durant lesquels notre petit paresseux versa des torrents de larmes et trois longues nuits peuplées de vilains rêves, le garçon entre deux pleurs finit par dire à haute voix : "Si seulement je retrouvais l'usage de mes doigts,de mes mains, j'aiderais ma maman, mon papa ! Comme j'aimerai pouvoir à nouveau écrire, tenir un livre de classe et faire comme tous mes petits camarades ! Je pourrais même aider ma mamie à éplucher les haricots, elle qui a tant mal à ses pauvres mains. Je pourrais aussi aider papy à arroser le jardin en lui portant des arrosoirs d'eau".
Tout cela, et bien d'autres choses que l'on fait dans la vie courante, Christou souhaitait de tout son coeur pouvoir le faire ou le refaire un jour.
Il le souhaitait si fort que la fée bleue qui, comme toutes les fées, avait l'oreille fine, entendit les paroles du petit garçon. Et, ce soir là, elle revint visiter la chambre de Christou et brandit, une nouvelle fois, sa longue baguette magique.
Elle prononça encore quelques paroles incompréhensibles puis, après avoir déposé un bisou sur le front du petit garçon qui dormait, elle disparut d'un seul coup, comme par enchantement.
A son réveil, Christou constata avec bonheur qu'il pouvait fermer ses mains, remuer les doigts, les plier et les déplier à sa guise.
"Maman ! Maman ! s'écria t-il. Je suis guéri, guéri ! "
La leçon donnée par la fée fut, sans nul doute, très profitable car, ce matin là, Christou avala à toute vitesse son petit déjeuner. Il n'avait qu'une hâte, aller à l'école et retrouver ses copains de classe.
Les jours suivants, comme il l'avait promis, il aida sa maman de son mieux, son papa, sa mamie et son papy.
Au départ, bien sûr, c'était par peur de perdre à nouveau l'usage de ses mains mais, très vite, il compris combien il était agréable d'aider les autres, et que l'on avait plus grand plaisir à travailler qu'à ne rien faire.

mardi 24 mars 2009

Horus et Seth

Mythologie égyptienne.

Dans les plus anciennes versions, Horus et Seth semblent frères mais, plus tard, ils sont considérés comme neveu et oncle. A la mort de son frère Osiris, Seth s'était emparé du pouvoir. Horus se rendit devant un tribunal divin présidé par Geb ou Rê et revendiqua l'héritage de son père. Chou et Thot déclarèrent qu'Horus était dans son droit. Le dieu Soleil, mécontent que son opinion n'eût pas été demandée en premier lieu, rejeta le verdict. Un des dieux l'ayant insulté, il se retira dans sa tente pour bouder. Plus tard, il retrouva sa bonne humeur et demanda à Seth et à Horus de s'expliquer. Seth déclara mériter le royaume parce qu'il était le seul assez fort pour défendre la barque du soleil. Certains dieux de l'Ennéade l'approuvèrent mais Isis les fit changer d'avis.

Seth refusant de poursuivre le procès en présence d'Isis, le dieu Soleil décida que le conseil se réunirait sur une île. Le passeur divin Anti reçut l'ordre de ne pas prendre Isis sur son bateau. La déesse se déguisa donc en vieille femme et acheta Anti avec une bague d'or. Une fois sur l'île, elle se transforma en belle femme pour séduire Seth. Elle demanda au dieu de l'aider, racontant qu'elle était la veuve d'un berger, et qu'un étranger avait volé les troupeaux à son fils unique. Seth déclara qu'il était injuste qu'un fils soit dépouillé de son héritage. Isis se transforma en oiselle et s'envola dans un arbre, disant à Seth qu'il s'était condamné lui-même.

Seth se plaignit de cet incident à l'Ennéade qui punit Anti en lui coupant les orteils. Seth défia alors Horus, l'invitant à se mesurer à lui : il proposa qu'ils se métamorphosent tous les deux en hippopotame et qu'ils essaient de rester trois mois sous l'eau. Horus accepta mais Isis, craignant que son fils perde, fabriqua un harpon de cuivre qu'elle jeta dans l'eau. Elle toucha d'abord Horus par accident puis harponna Seth qui demanda grâce. Isis eut pitié de lui et le relâcha. Horus fut tellement irrité qu'il sortit de l'eau, coupa la tête de sa mère et s'enfuit en l'emportant dans les collines du désert. Isis se transforma en statue de pierre et retourna auprès de l'assemblée des dieux mais Thot la reconnut. Le dieu Soleil ordonna à l'Ennéade de punir Horus pour la blessure infligée à sa mère. Seth le trouva endormi et lui arracha les yeux, mais Hathor lui rendit la vue en le soignant avec du lait de gazelle.

Horus demanda de nouveau justice et les dieux écrivirent à Osiris défunt. En réponse, il exigea de savoir pourquoi son fils avait été dépouillé de son héritage et menaça d'envoyer les démons du Monde souterrain au royaume des dieux. Le dieu Soleil accepta finalement qu'Horus devienne roi. Seth fut forcé d'accepter le jugement et Isis se réjouit de voir enfin son fils couronné. Le dieu Soleil appela Seth pour vivre avec lui dans le ciel où il devint le dieu des Orages.

jeudi 19 mars 2009

Lady Godiva

Au début de l'an 1000, les habitants de la ville de Coventry en Angleterre menait une existance difficile, étant écrasé sous le poids des impôts que prélevait le Comte Léofric de Chester pour financer ses campagnes militaires.
Sa jeune épouse Lady Godiva (Godwa ou Godgifu en saxon) eut pitité de ces gens et implora Léofric de diminuer le taux de taxation. Il accepta à la condition qu'elle traverse nue la place du marché de Coventry, ce qu'elle fit à cheval, sa longue chevelure dissimulant son corps.

Un embellissement plus tardif de la légende raconte que Godiva demanda à tous les habitants de rester chez eux, volets fermés. Et que seul un tailleur appelé Peeping Tom osa regarder la scène par la fente d'un volet. Mal lui en prit, car il perdit aussitôt la vue.


Histoire: Lady Godiva (d. c. 1010 - 1067) était une Saxonne de sang noble. Épouse de Léoric, compte de Chester (d.1057), la contesse était une pieuse bienfaitrice qui par des dons de son époux et d'elle même fit édifier deux monastères: un à Coventry et un second à Stow.

La pierre merveilleuse



Une femme-Korrigan se trouvait sur le point de donner le jour à un enfant. Elle envoya chercher une vieille sage-femme de sa connaissance à la ville voisine.


Après la naissance de l'enafnt, et lorsque la sage-femme l'eut emmailloté à la manière ordinaire et se fut assise au coin du foyer pour le chauffer, la mère lui dit:
"Cherchez là, ma commère, au coin de l'armoire, et vous trouverez une pierre ronde. Frottez-en les yeux de mon enfant."
"Qu'est-ce que cela signifie?" demanda la sage-femme. "Cette pierre aurait-elle donc quelque propriété merveilleuse?"se demanda-t-elle, intriguée.
Et pour s'en assurer, après avoir appliqué la pierre sur les yeux de l'enfant, elle s'en frotta l'oeil droit.

La pierre donnait la faculté aux personnes dont elle avait touché les yeux de voir les Korrigans lorsqu'ils étaient invisibles. A quelque temps de là, la sage-femme se rendit à une grande foire qui se tenait dans un bourg voisin. Elle fut bien surprise lorsqu'elle arriva à apercevoir sa commère, la femme-Korrigan, qui furetait dans les boutiques les plus richement garnies, et qui prenait, parmi les marchandises, celles qui lui plaisait le plus, sans que les marchands parussent en être surpris.


Le soir, s'en retournant chez elle, la sage-femme rencontra en chemin la femme-Korrigan, qui portait un lourd panier rempli d'étoffes de la plus grande richesse.
"Ah! Commère!, lui dit-elle en l'abordant, vous avez fait aujourd'hui une rude brèche aux étalages et aux boutiques d'étoffes, et pourtant, elles ne vous ont pas coûté bien cher!"
"Oh, oh!, lui répondit la femme-Korrigan, vous m'avez vue les payer, et de quel oeil me voyez-vous maintenant?"
"De l'oeil droit, lui répondit la sage-femme."
C'était celui qui avait été en contact avec la pierre mystérieuse.
Aussitôt la femme-Korrigan enfonça un de ses doigts dan l'oeil que la malheureuse commère veanit de lui désigner, l'arracha de son orbite et lui dit avec un ricanement digne du diable:
"Vous ne me verrez plus à présent!"

Et désormais, la sage-femme fut borgne et ne vit plus jamais les Korrigans lorsque ceux-ci étaient invisibles.

mardi 17 mars 2009

Belle comme la lune

L'on raconte qu'aux temps anciens, il était une jeune femme très belle, aussi belle que la lune. Et cette femme, les nuits de pleine lune, se fardait, peignait et parfumait ses longs cheveux, revêtait ses habits les plus riches, se parait de tous ses bijoux et sortait.
Pour mieux découvrir le ciel, elle gagnait une hauteur. Et là, elle levait son visage resplendissant vers la lune et lui demandait :
- Qui de nous est la belle, Ô lune, qui de nous est la belle ? Et la lune lui répondait :
- Toi et moi sommes également belles, mais la fille que tu portes en toi nous passera en beauté.
Et la jeune femme se lamentait et maudissait l'enfant qui était dans son sein.
Pendant des mois, elle se tourna ainsi vers la lune pour lui demander :
- Qui de nous est la belle, Ô lune, qui de nous est la belle ? Et chaque fois la lune répondait :
- Toi et moi sommes également belles, mais la fille que tu portes en toi nous passera en beauté.
Au terme de sa grossesse, elle mit au monde une fille à la chevelure d'or, une fille aussi belle que lune en plein ciel. On l'appela Jedjiga : Fleur. Chaque jour augmentait sa beauté. Les voisines disaient à sa mère :
- Certes, belle tu l'es. Mais la beauté de ta fille éclipsera la tienne.
Et la jeune femme, en entendant ses mots, sentait le poignard de la jalousie la transpercer. Elle se dit dans son cœur :
Lorsque cette enfant sera devenue adolescente, nul ne me regardera plus.
L'enfant avait huit ans. Elle était pleine de vie et de grâce. Sa mère lui dit un soir :
- Demain, nous mettrons sur le métier une grande couverture. Nous irons planter les montants dans la campagne. La voisine nous accompagnera.
Au matin, elle prit deux montants bien solides et une grosse pelote de laine. Elle appela la
voisine et toutes deux partirent emmenant la fillette. Elles laissèrent le village loin derrière elles et atteignirent une colline. Elles s'arrêtèrent. La mère dit alors à l'enfant :
- Nous allons enfoncer les montants dans la terre. Toi, tu feras courir la laine entre nous. Te voici grande, tu pourras bien tenir la pelote ?
La mère savait bien ce qu'elle faisait. La fillette se mit à faire courir la laine.
- Plus vite ! Plus vite ! lui dit sa mère.
La pelote était lourde. Elle s'échappa des mains de l'enfant et se mit à rouler.
- Cours et rattrape-la ! Cria la mère.
L'enfant s'élança. La mère coupa le fil et la pelote roula plus vite, encore plus vite, entraînant Jedjigha vers le ravin. Puis brusquement, la pelote disparût.
La fillette la chercha vainement dans les ronces et les buissons. Revenir en arrière ?... Elle avait perdu son chemin. Alors elle marcha au hasard sur ses petites jambes. Elle marcha longtemps, elle marcha jusqu'à l'orée de la forêt. C'est alors qu'elle découvrit, à demi-masquée par une épaisse végétation, l'entrée d'une caverne. Elle se fraya un passage et entra. La caverne était profonde.
Lorsqu'elle eut fait quelques pas et qu'elle se fût habituée à la pénombre, l'enfant vit, enroulé sur lui-même comme un énorme bracelet, un serpent. Elle poussa un cri. Il dressa la tête, ouvrit les yeux comme des étoiles et la regarda. Il regarda la petite fille que Dieu seul avait pu créer. La course avait rendu son visage semblable à une rose ; les épines avaient égratigné ses pieds et ses mains. Ses vêtements étaient déchirés. Tant de beauté éblouit le serpent ; tant de grâce et de faiblesse l'émut. Il remercia Dieu dans son cœur. L'enfant tremblait. Il lui dit :
- Ne crains rien, je ne te ferai aucun mal. Mais dis-moi, petite fille, ce qui t'a conduite jusqu'à moi.
Elle était sur le point de pleurer mais entendant le serpent lui parler dans un langage humain, elle se sentit rassurée. Elle lui dit :
- Je tenais une pelote de laine : elle était lourde. Elle est tombée de mes mains et elle a roulé , roulé. Je l'ai suivie...Je l'ai perdue de vue et j'ai continué à marcher jusqu'ici.
Il prit de l'eau pour lui laver le visage, les mains et les pieds. Il la fit asseoir et lui servit à manger. Elle mangea de la galette de blé et but du lait. Dans un endroit bien abrité, il lui étendit une couche et l'y conduisit pour qu'elle se reposât.
Il faut dire que ce serpent n'était pas un véritable serpent. D'abord, il avait commencé par être un homme heureux : il possédait une maison, une femme, de nombreux champs et toutes sortes de biens et de richesses. Mais une nuit, par mégarde, il marcha sur un serpent. Ce serpent le regarda, se dressa et lui soufflant son haleine au visage, lui dit :
- Tu m'as écrasé. Tu deviendras serpent comme moi et tu le resteras tant que je vivrai, afin que les hommes te foulent aux pieds !
C'est ainsi qu'il fut changé en serpent. Il abandonna sa famille, sa maison et tous ses biens. Il déserta le monde et se réfugia dans la forêt. Il se rapprocha des bêtes, se mit à vivre à leur façon, à se nourrir de chair et de sang. Mais si son corps était celui d'un serpent, son cœur et son esprit étaient restés ceux d'un homme. Il n'avait fui ses semblables que dans la crainte d'être écrasé par eux. Mais la solitude lui était amère. Elle le minait.
Depuis longtemps il n'avait vu l'ombre d'un être humain lorsque lui apparût la fillette. C'est pourquoi, à la vue de son visage de rose et de ses petits membres fatigués, le cœur du serpent se fondit de tendresse.
L'enfant s'était endormie. Il sortit, tua deux perdrix, cueillit des légumes et des fruits , et rentra. Il alluma le feu, mit en train le repas et alla réveiller la fillette. Il lui demanda avec douceur :
- Quel est ton nom ? Quel est le nom de ton village et celui de tes parents pour que je te conduise vers eux ?
Elle répondit :
- Je m'appelle Jedjiga, mais je ne sais ni le nom de mes parents ni celui de mon village.
Le serpent qui ne pouvait reparaître aux yeux des humains se tut. Il réfléchit longuement, promena ses regards autour de lui et finit par dire :
- Tu resteras ici jusqu'à ce que Dieu t'ouvre un chemin. J'épouse ta faim et ta soif : tu seras mon enfant . Mais tu devras m'obéir et ne jamais dépasser le seuil de la caverne. Nous sommes ici dans le royaume des bêtes ; il pourrait t'arriver malheur si tu t'aventurais.
Le serpent l'éleva. Il fut pour elle à la fois un père et une mère. Il lui apprit à préparer les repas et à aimer l'ordre. Il la combla, l'entoura de tendresse. Elle lui obéit tant qu'elle était petite ; devenue adolescente, elle connut l'ennui. Elle eut la nostalgie du ciel, du soleil. Elle voulut découvrir le monde.
Le serpent la laissait souvent seule pour aller chasser et couper du bois : elle mit à profit ces absences. Tout d'abord elle se contenta de regarder timidement au travers des hautes herbes et des branches qui cachaient l'entrée de la caverne. Et puis elle s'aventura au dehors. Mais elle rentrait toujours avant que le serpent ne revint.
Un jour, un bûcheron l'aperçut et fut émerveillé. Comme il approchait pour la mieux considérer, elle disparut. De retour au village, il raconta son aventure à qui voulait l'entenre :
- J'allais couper du bois dans la forêt lorsque je vis sortir de terre une créature, une créature... une nappe d'or la couvrait jusqu'aux pieds. La lumière qui en émanait m'éblouit. Sans doute était-ce la fée gardienne de la forêt ? Je voulus m'approcher pour voir son visage, mais elle avait déjà disparu !
Cette histoire, de l'un à l'autre colportée, arriva aux oreilles du prince qui n'hésita pas à interroger le bûcheron.
- Prince, répondit le bûcheron, une créature m'est bien apparue à l'orée de la forêt. Elle était debout, contre un arbre. Etait-ce un ange, une fée ?... Son visage défiait la lumière. Une
nappe d'or l'habillait. Quand je voulus regarder de plus près, je m'aperçus qu'elle n'était plus là !
- Demain, au point du jour, tu me conduiras où elle t'est apparue, dit le prince.
Le lendemain, la jeune fille finit par se montrer à l'entrée de la caverne. La nappe d'or qui l'habillait, c'étaient ses cheveux. Et c'est tout ce que virent d'elle le prince et le bûcheron qui la guettaient à travers le feuillage. Le prince décida de rester seul pour savoir si l'étrange créature était mortelle ou fée.
La jeune fille demeura longtemps sur le seuil et puis elle rentra. Peu après, le prince vit cette chose qui le stupéfia : le serpent qui avançait debout, portant des légumes, des fruits et du gibier car, lorsqu'il était chargé, il ne rampait pas ! Le serpent déjeuna, fit la sieste(c'était l'été) et sortit à la fraîcheur pour faire sa promenade. Alors, le prince put approcher de la caverne et contempler la jeune fille. Elle se tenait appuyée à un arbre, et elle portait à sa bouche des grains de raisin. Il pensa : "puisqu'elle mange, je puis l'aborder !" Il écarta les branches et lui dit en s'avançant :
- Au nom de Dieu, je t'en prie, dis-moi qui tu es, créature !
Elle répondit :
- Je suis un être comme toi. Je suis la fille du serpent.
Il la regarda tandis qu'elle parlait, s'émerveillant de son visage épanoui comme une rose. Il l'interrogea sur son village, sur ses parents. Elle répondit :
- C'est ici, dans cette caverne, que j'ai vécu et grandi. Le serpent m'a élevée : je suis sa fille. Mais c'est à son insu que je sors. Ne va pas le lui dire, ni lui raconter que tu m'as vue surtout ! Et elle rentra.
Le prince s'en alla trouver son père ; il lui déclara :
- Je veux épouser la fille du serpent.
Le roi s'indigna. Le prince tomba malade d'un grand mal. La fièvre ne le quitta ni jour ni nuit. Le roi finit par demander :
- Mon fils, qu'est-ce qui te guérirait ?
- Laisse-moi épouser la fille du serpent, dit le prince, et tu verras que je guérirai.
Comme le prince dépérissait de jour en jour, le roi céda. Il se rendit chez le serpent et lui dit :
- Donne-moi ta fille pour mon fils.
Le serpent répondit :
- Roi, il y a sept ans qu'elle est venue à moi. Je l'ai élevée comme ma fille. Elle m'est plus chère que le haut-ciel. Mais puisque, ô roi, tu la veux, la voici : je te la confie. Comble-la de présents et veille sur elle comme je l'ai fait moi-même jusqu'ici. Quant à moi, je ne te demanderai qu'une chose : une outre de sang.
Le jour où elle devait se séparer de lui pour suivre le roi à la cour, le serpent dit à la jeune fille :
- Va ma fille, sois vaillante, va et ne regarde surtout pas en arrière mais toujours en avant !
Elle monta une jument toute caparaçonnée de soie et le roi l'escorta. Mais au bout d'un moment elle s'écria :
- J'ai oublié mon peigne !
Elle descendit de sa monture et courut vers la caverne où elle surprit le serpent en train de se repaître de sang. Elle le vit changer d'expression. Il lui dit, tout honteux :
- Ne t'avais-je pas recommandé de ne pas revenir en arrière ?...Tu t'en repentiras !
Elle s'en retourna tout effrayée vers le roi.
Elle vécut heureuse à la cour durant quelques mois. Le prince, son mari l'aimait tendrement. A la grande joie de toute la famille royale, elle mit au monde un enfant aux cheveux d'or, un enfant à sa ressemblance. Elle garda le lit quarante jours et puis, un matin, elle se leva pour se mêler à la vie de la cour. Lorsqu'elle revint vers l'enfant, il avait disparu. On le chercha partout, on remua ciel et terre pour le retrouver mais en vain.
L'année suivante, elle eut un nouvel enfant, un enfant comme le premier, à la belle chevelure d'or. Au bout de quarante jours, il disparut aussi. Le roi et la reine dirent alors à leur fils :
- Remarie-toi ! Quel bien peut-il nous venir de la fille du serpent ?
Mais le prince qui mettait son espoir en Dieu répondit à la reine et au roi :
- J'ai choisi Jedjiga pour elle-même et non pour les enfants qu'elle me donnerait.
La jeune princesse eut successivement sept garçons, sept garçons à la chevelure d'or qui tous, lui furent ravis quarante jours après leur naissance. Elle fut surnommée : "celle qui croque ses enfants". Mais le prince l'aimait toujours.
Huit ans s'étaient écoulés depuis que Jedjiga avait quitté la caverne du serpent pour la cour du roi quand un soir, elle dit au prince :
- Demain, conduis-moi vers mon père, afin qu'il me pardonne...
Il fit selon son désir.
Comme ils arrivaient près de la caverne, le prince et la princesse virent six petits garçons aux cheveux d'or qui jouaient et se poursuivaient de façon charmante. Un vieillard élevait dans ses bras le septième enfant aux cheveux d'or.
La princesse cherchait des yeux le serpent. Alors le vieillard s'avança et lui dit :
- Ne le cherche pas, c'est moi. Il y a longtemps, une nuit, j'ai marché sur un serpent par mégarde. Il s'est vengé en me rendant serpent comme lui. Mais il est mort et son pouvoir sur moi est mort.
Il dit encore :
- Le jour où tu m'as quitté pour aller vers ton époux, je t'avais recommandé de ne pas revenir en arrière. Tu es revenue et tu m'as surpris en train de boire du sang. Tu m'as humilié et je t'ai dit : "Tu t'en repentiras".
Il tendit à la princesse le bébé qu'il avait dans les bras et se tourna vers le prince :
- C'est moi, prince, qui suis venu chercher tes enfants les uns après les autres pour punir ma fille. Je les ai élevés avec tendresse, comme j'ai élevé leur mère. Sept fois, prince, tu t'es trouvé devant un berceau vide et tu n'as pas humilié ma fille. Tu l'as aimée au contraire et tu l'as protégée. Voici tes enfants... je te les rends.
Et il poussa vers lui les six enfants aux cheveux d'or.